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Centres de données : SoftBank mise 75 milliards d’euros sur la France

Posté le 11 juin 2026
par Nicolas LOUIS
dans Informatique et numérique

Le groupe japonais va construire plusieurs centres de données sur le territoire français, notamment dans les Hauts-de-France. La France est parvenue à attirer cet investissement grâce à la disponibilité de sa production d'électricité. Ce projet devrait générer des milliers d'emplois et favoriser le développement d'un écosystème dans ce secteur.

La France vient de décrocher l’un des plus importants investissements étrangers de son histoire dans le secteur technologique. Le groupe japonais SoftBank a annoncé son intention d’investir jusqu’à 75 milliards d’euros dans la construction de centres de données dédiés à l’IA sur le territoire français. Derrière cette annonce spectaculaire se dessine une bataille mondiale pour la maîtrise des infrastructures numériques, où l’accès à l’énergie devient aussi stratégique que les algorithmes eux-mêmes.

Présentée dans le cadre du sommet Choose France, l’initiative prévoit le développement de cinq gigawatts de capacité destinés à l’IA. Il s’agit de la plus importante opération d’infrastructure IA jamais engagée par SoftBank en Europe. La première phase du projet représente déjà 45 milliards d’euros d’investissements et doit permettre la création de 3,1 gigawatts de capacité d’ici 2031 dans les Hauts-de-France. Trois premiers sites ont été identifiés à Dunkerque, au Bosquel et à Bouchain. D’autres implantations pourraient suivre dans plusieurs régions françaises en fonction de l’évolution de la demande mondiale en puissance de calcul.

En Europe, la France se distingue avec son parc nucléaire, qui fournit l’essentiel de sa production électrique. Masayoshi Son, le fondateur et directeur général de SoftBank, a souligné que la capacité du pays à produire et à exporter de l’énergie constituait un facteur déterminant dans la décision du groupe. La disponibilité d’une électricité abondante, relativement décarbonée et compétitive est devenue un critère central pour les géants technologiques cherchant à construire les infrastructures de l’IA particulièrement énergivores.

L’investissement français s’inscrit dans une stratégie mondiale beaucoup plus large menée par SoftBank. Depuis plusieurs années, le groupe japonais multiplie les initiatives pour se positionner au cœur de la révolution de l’IA. L’entreprise a notamment renforcé sa présence dans ce secteur à travers ses investissements dans OpenAI et sa participation au projet Stargate, un vaste programme d’infrastructures annoncé aux États-Unis. Le projet français doit devenir l’un des piliers européens de cette stratégie globale.

Un écosystème industriel en cours de développement

Selon SoftBank, les futurs centres de données français ne se limiteront pas à héberger des serveurs. Le groupe prévoit également de développer une filière industrielle locale autour de ces infrastructures. Un partenariat a été conclu avec Schneider Electric qui sera chargé de concevoir et de fournir l’infrastructure et les modules d’alimentation électriques destinés à ces centres de données de nouvelle génération.

À terme, le projet pourrait générer plusieurs milliers d’emplois directs et indirects dans les secteurs du bâtiment, de l’énergie, de l’ingénierie et des services numériques. Les régions concernées espèrent attirer autour de ces infrastructures des entreprises spécialisées dans l’IA, le cloud computing et les technologies avancées. SoftBank prévoit également de soutenir la recherche et le développement régionaux par le biais de partenariats avec des universités, des écoles d’ingénieurs et des organismes de formation locaux.

Pour les territoires industriels du nord de la France, l’opération représente une occasion de reconversion économique majeure. Plusieurs sites retenus sont situés sur d’anciennes zones industrielles ou énergétiques, offrant des capacités foncières et électriques déjà disponibles. Celui situé à Bouchain est une ancienne centrale électrique appartenant à EDF, que l’énergéticien français va céder.

Dans un contexte où l’UE accuse un retard significatif face aux États-Unis et à la Chine dans les capacités de calcul dédiées à l’IA, l’arrivée de SoftBank est perçue comme une opportunité pour réduire l’écart de puissance informatique qui sépare encore l’Europe de ses principaux concurrents. Certains experts soulignent néanmoins que le développement des infrastructures de calcul ne constitue qu’un des maillons de la chaîne de valeur de l’IA et que les modèles les plus utilisés dans le monde restent aujourd’hui développés principalement par des entreprises américaines telles qu’OpenAI, Google ou Anthropic. Cette réserve n’enlève toutefois rien à l’ampleur du projet, qui place la France au cœur de la nouvelle géographie mondiale de l’IA.


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