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Coûts, logiciels et architectures électriques, Volkswagen adopte les armes de ses rivaux chinois

Posté le 10 septembre 2026
par La rédaction
dans Entreprises et marchés

Volkswagen sait encore concevoir des voitures électriques convaincantes. Mais dans un marché mondial dominé de plus en plus par la vitesse d’innovation et la compétitivité des groupes chinois, la qualité des modèles ne suffit plus.

La restructuration de Volkswagen donne la mesure du défi. Le groupe vient de faire approuver son plan de transformation qui prévoit 50 000 suppressions de postes supplémentaires, après une première vague de réductions d’effectifs de même ampleur. Le portefeuille de modèles doit être réduit d’environ moitié et la complexité de l’offre diminuée de 75 %. Derrière cette cure d’amaigrissement apparaît une priorité, retrouver une structure de coûts capable de soutenir la confrontation avec les constructeurs chinois.

Cette pression se déplace désormais bien au-delà du seul marché chinois. La Chine a produit près de 75 % des voitures électriques fabriquées dans le monde en 2025 et en a exporté plus de 2,5 millions. Ses exportations électriques ont encore progressé de plus de 120 % au premier semestre 2026. Les groupes chinois disposent ainsi d’un marché intérieur immense, d’une industrie de batteries dominante et de volumes qui leur permettent de pousser rapidement leurs modèles sur les marchés internationaux.

Volkswagen affronte cette concurrence au moment où l’électrique prend une place croissante dans les ventes mondiales. Les voitures électriques devraient représenter 28 % des ventes automobiles en 2026, près de 60 % en Chine et environ un tiers en Europe. Pour le constructeur allemand, perdre du terrain sur cette technologie revient donc à fragiliser une part croissante de son marché futur.

La Chine est devenue le terrain du rattrapage

Le rapport de force s’est déjà inversé sur le premier marché automobile mondial. Volkswagen a perdu en 2024 sa place de première marque automobile en Chine au profit de BYD, avant d’être dépassé également par Geely en 2025. Ses coentreprises locales ne représentaient plus que 10,9 % du marché chinois en 2025, contre 12,2 % un an auparavant.

La tendance restait défavorable au premier semestre 2026. Les livraisons du groupe Volkswagen ont reculé de près de 26 % en Chine et celles de véhicules 100 % électriques de près de 48 %. L’écart ne se situe plus uniquement dans les volumes. Les constructeurs locaux ont imposé des cycles de développement courts, des prix serrés, des habitacles très numérisés et une intégration rapide des nouvelles fonctions logicielles.

Volkswagen tente désormais de combattre les constructeurs chinois avec des méthodes proches des leurs. Sa stratégie « in China, for China » transfère davantage de développement et de décision en Chine. Plus de 20 nouveaux véhicules électrifiés doivent y être commercialisés en 2026 et la gamme doit atteindre 50 modèles électrifiés en 2030, dont environ 30 entièrement électriques.

Cette transformation passe aussi par les partenariats. Le nouvel ID. UNYX 09 a ainsi été codéveloppé avec le constructeur chinois XPeng en seulement 24 mois. Le groupe s’appuie également sur une China Electronic Architecture (CEA) conçue localement pour accélérer l’intégration du logiciel, des fonctions connectées et de l’intelligence artificielle. Volkswagen avait déjà fixé comme objectif de réduire de 30 % le temps de mise sur le marché de ses nouveaux véhicules chinois et de diminuer de 40 % certains coûts grâce à sa nouvelle plateforme destinée aux modèles compacts.

En Europe, la bataille se rapproche

Le paradoxe est que Volkswagen conserve de sérieux atouts industriels et techniques. Les nouvelles ID.3 Neo et ID.7 Tourer illustrent les progrès accomplis par la marque sur ses véhicules électriques, notamment en matière d’autonomie, d’ergonomie et de prestations routières. En Europe, les livraisons électriques du groupe ont d’ailleurs progressé de 8,4 % au premier semestre 2026 et son carnet de commandes électriques dépassait de plus de 50 % celui de la fin de 2025.

Mais le répit européen pourrait être limité. BYD, Chery, SAIC ou Leapmotor accélèrent leur implantation et les marques chinoises dépassaient déjà 9 % des immatriculations dans l’Union européenne au début de 2026. La Chine ne constitue donc plus seulement un marché que Volkswagen doit reconquérir. Elle produit désormais les concurrents que le groupe retrouve sur son propre terrain.

La restructuration engagée en Allemagne prend dès lors un sens plus large. Volkswagen doit simultanément réduire ses coûts, raccourcir ses cycles de développement et améliorer son logiciel, tout en continuant à lancer des véhicules capables de préserver la valeur de ses marques. La confrontation avec les constructeurs chinois se jouera moins sur un modèle particulier que sur cette capacité à transformer un groupe industriel historique au rythme imposé par ses nouveaux rivaux.


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