En chiffres

Creux dans l’éolien européen en 2018

Posté le 22 février 2019
par Joël Spaes
dans Énergie

L’installation d’éoliennes en Europe a marqué le pas en 2018 après cinq années de forte progression et une année 2017 particulièrement fructueuse pour la filière, indique le lobby européen du vent, WindEurope dans son dernier rapport annuel publié la semaine dernière.

Le recul est particulièrement net dans l’éolien terrestre, qui atteint son point bas depuis 2008, avec « seulement » 9,0 GW (9 000 MW) installés en 2018 contre 13,9 GW en 2017, notamment à cause d’une chute des implantations de 49% en Allemagne. Le pays phare de l’éolien européen a en effet, malgré cette contre-performance due à des freins réglementaires et des « enchères mal conçues », représenté 29% des nouvelles éoliennes en Europe en 2018. Côté éolien en mer, le retrait est moins net, avec 2,7 GW installés l’an dernier contre 3,2 GW en 2017. Deux pays se distinguent en 2018 dans cette catégorie offshore, puisque la Belgique et le Royaume-Uni ont immergé plus d’éolien en mer que de terrestre, respectivement 309 MW (contre 204 MW) et 1 312 MW (contre 589 MW).

Parallèlement 0,4 GW ont été retirés du service l’an dernier, signale WindEurope.

Ainsi, l’Europe a accueilli, en 2018, 32% de capacité en moins par rapport à 2017 portant le total installé en éolien à 189 GW, dont 170 GW terrestres et 19 GW en mer. L’éolien représente ainsi désormais 18,4% de la capacité installée en Europe. L’association européenne de la filière souligne cependant que l’éolien a représenté la première source d’implantations de capacités en Europe l’an dernier, puisqu’il a compté pour 48% des additions de capacités de production électrique.

Ces 189 GW ont permis à l’éolien de produire 362 TWh (térawatts-heure) et de couvrir 14% de la demande de l’Union européenne en courant en 2018. La demande totale de la seule Union européenne s’établit à 2 645 TWh.

L’Allemagne reste le leader incontesté en Europe, avec 59,3 GW installés, devant l’Espagne (23,5 GW), le Royaume-Uni (21 GW), la France prenant la quatrième position, en passant le cap des 15 GW à fin 2018. En outre, six pays dispose d’une capacité éolienne supérieure à 5 GW : Italie, Suède, Turquie (dans le scope du rapport), Pologne, Danemark et Portugal.

Le Danemark demeure de son côté le pays où la part de l’éolien dans la consommation électrique est la plus élevée, avec 41% des apports, indique le lobby européen de l’éolien. Loin devant l’Irlande (28%), le Portugal (24%), l’Allemagne (21%) et l’Espagne (19%). La progression la plus spectaculaire est enregistrée outre-Manche, la part de l’éolien dans la demande passant en un an de 13,5% à 18%, grâce à une météo particulièrement favorable et à la forte implantation de l’éolien offshore, dont la disponibilité est largement supérieure à celle de l’éolien terrestre.

En revanche, le rebond est d’ores et déjà présent, indique WIndEurope, puisque 2018 a été une année record en termes de prises de décision d’investissement finale (FID, en anglais). Quelque 16,7 GW de projets ont atteint le stade de la FID l’an dernier (contre 11,5 GW en 2017), dont 12,5 GW en terrestre et 4,2 GW en mer. A noter que c’est en Suède que le plus grand nombre de prises de décisions d’investissement est enregistré, avec 3,2 GW dans le pipe. Le Royaume-Uni consolide sa position dans l’éolien offshore, avec 1,9 GW de FID adoptés dans ce secteur en 2018. En termes d’investissements dans la filière (donc incluant les usines de production de machines et les installations dans les ports), l’éolien a vu en revanche un bond de 20% par rapport à 2017, à 26,7 milliards d’euros (mds€). L’offshore éolien compte pour 10,3 mds€ dans ce total investi, le terrestre représentant 16,4 mds€, indique WindEurope.

La taille des machines installée à été en moyenne de 2,7 MW pour le terrestre, mais atteint les 6,8 MW pour l’offshore. C’est en 2018 qu’a été installée la plus grande éolienne, pour l’heure, les deux V164-8,8 MW de MHI Vestas, avec un rotor de 164 mètres.


Pour aller plus loin

Dans l'actualité