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Green Tropism et son analyse de la matière via la spectrométrie remporte le Grand Prix 4.0

Posté le 14 juin 2019
par Alexandra VÉPIERRE
dans Innovations sectorielles

Lauréat Challenge Industrie du Futur - 2e édition
La startup GreenTropism a remporté le Grand Prix 4.0 du Challenge Industrie du Futur pour ses logiciels capables d’analyser la matière grâce à la spectrométrie.

Le 6 juin dernier, la startup GreenTropism a remporté le Grand Prix 4.0 lors de la finale du Challenge Industrie du Futur. Créée en 2014, la jeune entreprise qui emploie aujourd’hui 12 personnes a développé des logiciels capables d’interpréter des spectres et ainsi d’analyser la matière. Le fondateur Anthony Boulanger, ingénieur et docteur en biostatistiques, a eu l’idée d’étendre ses recherches sur la spectroscopie proche-infrarouge dont il avait la charge chez Veolia à d’autres domaines.

Qu’est-ce que GreenTropism ?

GreenTropism est une société qui conçoit et déploie des composants logiciels dans le monde de la spectrométrie. Cela commence avec les bases de données comme support de l’apprentissage, puis nos propres algorithmes de machine learning et intelligence artificielle permettent de traiter en temps réel les spectres émis par les capteurs et ainsi d’analyser la matière. Les logiciels sont associés à une interface homme-machine adaptée en fonction des métiers. Par exemple, avec Veolia, nous réalisons du monitoring non destructif des flux pour analyser en temps réel ce qu’il se passe dans les méthaniseurs. Notre technologie peut être utilisée dans l’agroalimentaire, la chimie, l’environnement, l’énergie mais aussi l’IoT, le telecom ou l’électroménager.

Comment ça fonctionne ?

Un spectromètre envoie un faisceau lumineux sur la matière et, en fonction de sa composition, va plus ou moins absorber certaines longueurs d’ondes. La lumière réfléchie revient au détecteur et nous donne une signature spectrale. Cette signature est spécifique de la matière et de l’appareil utilisé. Nos algorithmes, qui sont embarqués dans les spectromètres ou accessibles depuis le cloud, récupèrent cette donnée. Ensuite, nos logiciels permettent de l’interpréter mathématiquement pour déterminer à quelle molécule correspond chaque signature spectrale. Elle en définit également la quantité. Notre technologie fonctionne avec tout type de détecteur mais nous avons une spécialité sur la spectroscopie proche-infrarouge qui permet l’analyse moléculaire de tout type de matière organique. L’élément variable principal est la gamme spectrale sur laquelle nous allons travailler. Nous pouvons utiliser la fluorescence, la lumière visible, la lumière infrarouge, la LIBS qui est une technologie laser qui permet d’analyser des échantillons pour de l’analyse élémentaire, la spectrométrie Raman etc.

Quelles sont les principales applications de votre technologie ?

Il y a trois applications principales en conditions industrielles. D’abord, nous l’utilisons pour identifier les matières premières. Nous nous assurons dès la réception que les matières premières sont conformes aux attentes des industriels, avant même qu’ils aient déchargé le camion à l’aide d’outils portatifs et miniaturisés. Ensuite, nous proposons de contrôler les dérives de production. Notre technologie est utilisée notamment pour les transformations de matière comme la cuisson, la fermentation ou les mélanges. Cela permet de savoir à quel moment la transformation est optimale, sans consommer trop d’eau ou d’énergie. Pareillement, si une transformation se déroule mal, le procédé peut être interrompu et éviter ainsi de produire plusieurs tonnes de produits non conformes qui seront gaspillés. Enfin, la dernière application concerne le contrôle qualité des produits finis, pour déterminer s’ils sont conformes au standard défini au préalable.

Quels sont vos projets avec Green Tropism ?

En ce moment, nous travaillons beaucoup sur le contrôle de la méthanisation par spectrométrie proche-infrarouge miniaturisée et sur une technologie d’imagerie hyperspectrale qui, au lieu d’analyser un point, va analyser toute une surface. Elle est utilisée lors de la cuisson de biscuits par exemple, afin de vérifier qu’ils soient cuits de manière uniforme. D’autre part, si nous travaillons aujourd’hui principalement dans les domaines de l’environnement et de l’agro-industrie, des univers qui connaissent déjà les bénéfices de la spectrométrie, nous accueillons à bras ouverts des projets dans d’autres domaines. La force de notre technologie logicielle est sa versatilité : elle peut aller sur beaucoup de capteurs donc fonctionner dans tous les domaines. Aujourd’hui, le plus gros de la R&D a été réalisé donc nous allons développer notre équipe commerciale et embaucher afin de trouver de nouveaux clients.


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