La 17e Conférence des Parties (COP17) à la Convention sur la diversité biologique (CDB) s’ouvre ce 19 octobre à Erevan, en Arménie. Jusqu’au 30 octobre, les délégations internationales examineront les progrès réalisés dans l’application du cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité, adopté en décembre 2022. Pour la première fois, les États doivent dresser un bilan collectif de sa mise en œuvre, quatre ans après son adoption.
Cet accord fixe 23 cibles à atteindre d’ici 2030, notamment la protection de 30 % des terres et des mers, la restauration de 30 % des écosystèmes dégradés et la réduction des pressions exercées par les activités humaines. L’enjeu de cette nouvelle conférence n’est donc pas de définir un nouvel accord, mais de mesurer l’écart entre les engagements et leur réalisation.
Le premier rapport mondial sur l’état de mise en œuvre du cadre, présenté le 18 octobre par les Nations unies, souligne les difficultés persistantes. Près de 90 % des pays ont défini des objectifs nationaux en matière de biodiversité, mais moins de la moitié des objectifs évalués suivent une trajectoire compatible avec leur réalisation. Ce constat constitue le point de départ des négociations.
Financement et restauration des écosystèmes au cœur des négociations
La mobilisation des ressources financières constitue l’un des principaux dossiers de cette COP17. Le cadre mondial prévoit de mobiliser au moins 200 milliards de dollars par an pour la biodiversité d’ici 2030, toutes sources confondues. Sur cette somme, les financements internationaux destinés aux pays en développement doivent atteindre au moins 30 milliards de dollars annuels.
Les négociations porteront également sur la réorientation des soutiens publics. Les États se sont engagés à réduire d’au moins 500 milliards de dollars par an les incitations et subventions dommageables à la biodiversité d’ici 2030. Cette question concerne notamment les politiques agricoles, la pêche et les activités économiques exerçant des pressions sur les milieux naturels.
Autre sujet sensible, le partage des bénéfices issus de l’exploitation des ressources génétiques. Le fonds de Cali, mis en place dans le cadre du mécanisme multilatéral consacré aux informations de séquençage numérique des ressources génétiques, doit permettre de mobiliser des contributions financières auprès des utilisateurs de ces données. Son fonctionnement et son efficacité figurent parmi les questions examinées à Erevan.
La restauration des milieux naturels occupera également une place importante dans l’agenda. Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) prévoit notamment, le 26 octobre, le lancement d’une plate-forme consacrée aux écosystèmes montagnards et d’eau douce. Le 29 octobre, un premier rapport sur les progrès de la restauration écologique doit être présenté, afin de documenter les réalisations et d’identifier les besoins d’investissement.
Les entreprises et la mise en œuvre des engagements également à l’agenda
Au-delà des États, la COP17 doit aussi examiner l’intégration de la biodiversité dans les activités économiques. La cible 15 du cadre mondial prévoit que les entreprises, notamment les grandes entreprises et les institutions financières, soient progressivement amenées à évaluer et communiquer leurs risques, dépendances et impacts sur la biodiversité.
Les progrès restent limités. Le bilan mondial publié en octobre 2026 révèle que deux tiers des objectifs nationaux concernant les entreprises et les institutions financières ne présentent aucun progrès ou une progression insuffisante. La transformation des pratiques économiques constitue donc un autre enjeu de cette conférence.
L’agenda comprend par ailleurs des discussions sur les technologies et les moyens scientifiques nécessaires au suivi de la biodiversité. Les travaux programmés autour de l’observation de la Terre, des plates-formes numériques et des indicateurs environnementaux doivent notamment contribuer à améliorer la mesure des progrès nationaux.
La France entend défendre un bilan mondial assorti de recommandations opérationnelles. Ses priorités officielles comprennent également l’élargissement du nombre de pays contributeurs au financement international, l’intégration de la biodiversité dans les politiques publiques et une meilleure prise en compte des connaissances scientifiques.
La conférence se déroule enfin dans une année marquée par la succession des trois grands rendez-vous internationaux consacrés à la désertification, à la biodiversité et au climat. Le renforcement des synergies entre ces conventions figure parmi les objectifs défendus par la France.
À l’issue des négociations, les États doivent examiner une feuille de route d’Erevan destinée à accélérer l’application du cadre mondial. La portée de cette COP17 dépendra ainsi de sa capacité à transformer les constats du premier bilan en orientations suffisamment précises pour rapprocher les politiques nationales des objectifs fixés pour 2030.
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