La rupture de tendance observée depuis plusieurs mois se confirme avec un recul proche de 15 % des immatriculations de voitures neuves en février 2026 par rapport à février 2025, et une baisse d’environ 11 % sur les deux premiers mois de l’année. Les chiffres de la Plateforme automobile indiquent 120 764 immatriculations de voitures particulières neuves en février 2026, soit – 14,70 % sur un an, et 227 921 immatriculations sur janvier et février, soit – 11,05 % en données brutes.
La baisse ne se limite pas aux voitures particulières si l’on regarde l’ensemble des véhicules légers, même si les utilitaires légers ont évolué différemment sur le mois. Ainsi, 149 633 véhicules légers neufs ont été immatriculés en février 2026, en baisse de 11,88 %, et 281 453 l’ont été sur les deux premiers mois, en baisse de 9,16 %, tandis que les véhicules utilitaires légers neufs atteignent 28 869 en février, en hausse de 2,24 %.
Le décrochage ressort encore plus fortement quand la comparaison se fait avec l’avant-pandémie. Le niveau de février 2026 est présenté comme inférieur d’environ 30 % à celui de février 2019, ce qui représente près de 100 000 voitures en moins sur les deux premiers mois de l’année par rapport à la même période de 2019. Ce diagnostic d’un marché en retrait durable est également repris dans des analyses sectorielles diffusées au début mars 2026, qui reprennent la baisse de 14,7 % en février et soulignent le retour vers des volumes historiquement bas pour un mois de février, hors chocs industriels exceptionnels.
Une électrification qui résiste à la baisse des volumes
La singularité du début 2026 tient au fait que la baisse des volumes coexiste avec une progression des ventes de véhicules électriques. Les immatriculations de voitures électriques sont annoncées en hausse de 28 % en février 2026 par rapport à 2025, dans un contexte où le bonus écologique et les livraisons liées au leasing social sont mis en avant comme facteurs de soutien. La part de marché des voitures électriques est donnée à 27 % sur le mois dans cette même analyse, alors que les motorisations diesel tombent à 3 %, l’essence à 15 %, et les hybrides atteignent 53 %. Selon l’étude de la SDES (services des statistiques du ministère du développement durable), la part des voitures électriques se situe à 26,4 % en février 2026, et place les hybrides rechargeables à 5,4 %, ce qui confirme un ordre de grandeur autour de 26 à 27 % selon les périmètres et catégories retenus.
Cette recomposition du mix énergétique n’est pas neutre pour l’industrie. L’électrification est associée à un soutien de la production en France, avec une production de voitures annoncée en hausse de 17 % en 2025, au-delà d’un million d’unités, auxquelles s’ajoutent 400 000 véhicules utilitaires. Sur le terrain commercial, certaines marques se distinguent sur le début d’année. Il est fait état de plus de 7 000 immatriculations sur deux mois pour Skoda, en hausse de 47 % par rapport aux deux premiers mois de 2019, tandis que BMW recule moins que le marché, avec un positionnement produit et tarifaire jugé plus constant sur la durée.
Prix, fiscalité et marché à deux vitesses
Pour sa part, le durcissement du malus CO2 au 1er janvier 2026 touche désormais des citadines dans certaines versions, avec des exemples chiffrés à 50 euros pour une version de Renault Clio et 240 euros pour une version de Peugeot 208. Dans le même temps, les prix moyens des motorisations électrifiées reculent en janvier, de l’ordre de 3 % pour les voitures 100 % électriques et les hybrides, alors que les motorisations thermiques progressent, avec un prix moyen essence mentionné à 24 850 euros et un diesel à 42 362 euros dans les données citées. Par ailleurs, bonus déduits, le prix d’une électrique peut pour la première fois passer sous celui d’un thermique, tandis que l’offre de modèles affichés à moins de 29 000 euros en prix catalogue se développe, avec des bonus annoncés entre 3 500 et 7 700 euros selon les revenus et l’origine de la batterie. Dans les meilleures ventes de février, la Citroën C3, disponible aussi en version électrique, passe devant la Dacia Sandero.
Le contraste est encore plus visible quand on regarde l’occasion. Sur janvier et février, le marché de l’occasion est donné en baisse de 5 %, à 853 169 transactions, avec une montée des véhicules de plus de dix ans qui représentent 50 % des transactions, en hausse de 6 %, tandis que les voitures de moins de cinq ans reculent de 3 %. Cette image d’un marché à deux vitesses oppose des flottes d’entreprises incitées à électrifier leurs choix et des ménages plus contraints qui se replient vers des véhicules plus âgés pour contenir la dépense.
Le mouvement s’inscrit enfin dans un contexte européen moins porteur en début d’année. Dans l’Union européenne, les immatriculations de voitures neuves reculent de 3,9 % en janvier 2026 par rapport à janvier 2025, tandis que la part de marché des voitures électriques atteint 19,3 % et celle des hybrides 38,6 %, avec une baisse de la part cumulée essence diesel à 30,1 % sur le mois. Dans ce cadre, les perspectives restent sensibles aux facteurs macroéconomiques et géopolitiques, cités comme éléments pesant sur la visibilité du secteur au moment où les volumes fléchissent et où la transition technologique s’accélère.
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