Le coup d'après

Les actualités à suivre : Chine, Apple, Mistral AI, Pasqal…

Posté le 31 août 2026
par La rédaction
dans Innovations sectorielles

La rédaction vous propose un rapide tour d'horizon sur les informations qui feront l'actualité industrielle dans les jours et les semaines à venir.

Publications scientifiques : le décrochage français s’accentue dans l’ingénierie

La position de la France dans la recherche mondiale s’est fortement dégradée au cours des vingt dernières années, confirme une analyse de l’Observatoire des sciences et techniques du Hcéres. Entre 2005 et 2024, sa part dans les publications scientifiques mondiales est passée de 4,1 % à 1,9 %, tandis que son audience scientifique a reculé de 4,3 % à 2,7 %. Le décrochage est particulièrement marqué dans les sciences physiques et de l’ingénieur, où la contribution française à la production mondiale est tombée de 4,3 % à 1,9 %. La France perd également du terrain sur les publications les plus influentes, sa contribution aux 10 % des articles les plus cités étant passée de 4 % en 2005 à 1,6 % en 2023. À l’inverse, la Chine représentait 28,3 % des publications mondiales en 2024 et 38,7 % de celles relevant des sciences physiques et de l’ingénieur.

Cette évolution s’accompagne d’un écart croissant dans les moyens consacrés à la recherche et au développement, les dépenses chinoises ayant encore progressé de 8,7 % en 2023, contre un recul de 0,5 % en France, d’après l’OCDE.

Au-delà de la concurrence chinoise, plusieurs pays comme l’Italie, la Corée du Sud, l’Espagne, le Canada ou l’Australie ont également dépassé la France sur différents indicateurs scientifiques. Ce recul pose directement la question de la capacité française à maintenir son potentiel d’innovation, sa souveraineté technologique et, à terme, sa compétitivité industrielle.

Pasqal veut changer d’échelle industriellement après son entrée au Nasdaq

La pépite française Pasqal, spécialiste des ordinateurs quantiques à atomes neutres, a fait ses débuts au Nasdaq le 28 août dernier sous le symbole « PSQL », après sa fusion avec la société d’acquisition Bleichroeder Acquisition Corp. II. L’opération apporte environ 360 millions de dollars de trésorerie à Pasqal, qui entend accélérer le déploiement de ses systèmes quantiques, leur commercialisation et ses travaux vers l’informatique quantique tolérante aux fautes. Fondée à Palaiseau par plusieurs chercheurs, dont le prix Nobel de physique Alain Aspect, la société développe une technologie utilisant des atomes neutres piégés et contrôlés par laser comme qubits, comme le détaille son dossier déposé auprès de la SEC. Pasqal a déjà déployé sept machines et vise des applications dans l’énergie, la finance, les matériaux, la défense ou encore la recherche, un développement également mis en avant lors de son arrivée sur le Nasdaq. Les nouveaux capitaux doivent notamment permettre de renforcer ses capacités de production ainsi que ses investissements en recherche et développement en France. L’entreprise vise à terme des machines comptant plus de 10 000 atomes et une centaine de qubits logiques, avec l’objectif de progresser vers des calculateurs capables de corriger leurs erreurs, une feuille de route précisée dans ses travaux sur le calcul quantique tolérant aux fautes.

Cette entrée en Bourse illustre aussi les besoins croissants de financement dans la compétition mondiale autour du calcul quantique. Le choix du Nasdaq doit ainsi permettre à Pasqal de changer d’échelle tout en conservant en France une partie essentielle de ses activités industrielles et de recherche.

Apple confie son avenir à un ingénieur spécialiste du hardware

Apple ouvrira une nouvelle page de son histoire le 1er septembre 2026 avec l’arrivée de John Ternus au poste de directeur général, en remplacement de Tim Cook, comme l’a officialisé le groupe en avril. Après quinze ans à la tête de l’entreprise, Tim Cook conservera toutefois un rôle important en devenant président exécutif du conseil d’administration.

Entré chez Apple en 2001, John Ternus dirigeait jusqu’ici l’ingénierie matérielle et a participé au développement de plusieurs générations de Mac, iPad et AirPods. Reuters souligne son rôle central dans la stratégie produits du groupe. Ingénieur mécanique de formation, il a également travaillé sur de nouveaux matériaux, la réparabilité et la réduction de l’empreinte carbone des équipements Apple. Sa nomination intervient alors que l’entreprise doit accélérer dans l’intelligence artificielle, domaine où elle peine encore à suivre le rythme de plusieurs de ses concurrents.

Le choix d’un spécialiste du hardware pourrait également annoncer une nouvelle phase d’innovation autour des smartphones pliables, des lunettes connectées ou de nouveaux appareils intégrant nativement l’IA.

John Ternus connaîtra rapidement un premier test majeur puisque la présentation des prochains iPhone, prévue le 9 septembre, constituera son premier grand événement à la tête du groupe. Après l’ère Cook, marquée par une croissance spectaculaire du groupe, Apple mise ainsi sur un profil d’ingénieur pour aborder une période où matériel et intelligence artificielle devraient être de plus en plus étroitement liés.

Mistral AI veut bâtir une puissance de calcul européenne capable de rivaliser avec les géants américains

Mistral AI veut permettre aux entreprises européennes de sécuriser à long terme la puissance de calcul nécessaire au développement de leurs applications d’intelligence artificielle, en mutualisant leurs besoins au sein d’une nouvelle coalition. Le dispositif repose sur des European Compute Units (ECU), qui transformeront les engagements pluriannuels des entreprises en droits d’accès à des infrastructures construites par Mistral en Europe.

Cette mise en commun de la demande doit permettre de financer des capacités qu’une entreprise isolée aurait davantage de difficultés à sécuriser, dans un marché où les ressources de calcul restent rares et fortement concentrées.

Mistral ambitionne ainsi de disposer de jusqu’à 1 GW de capacité de calcul en Europe d’ici 2030, afin de soutenir l’entraînement et l’inférence de modèles d’IA à grande échelle. La société renforce parallèlement la régionalisation de ses services d’inférence, afin que les entreprises puissent choisir d’exécuter leurs traitements en Europe et mieux répondre à leurs contraintes de résidence des données. Sa plateforme doit aussi accueillir des modèles ouverts développés par des tiers, donnant aux clients davantage de liberté dans le choix des technologies utilisées.

Cette stratégie vise à réduire la dépendance des entreprises européennes envers les infrastructures de calcul contrôlées par les grands fournisseurs américains, une dépendance que Mistral considère comme un frein à la souveraineté européenne en matière d’IA. Si elle atteint une taille suffisante, cette mutualisation pourrait contribuer à faire émerger en Europe une véritable infrastructure industrielle de l’IA, capable de soutenir durablement ses entreprises face à la montée des besoins en puissance de calcul.

L’industrie chinoise à deux vitesses entre technologies avancées et faiblesse de la demande

L’activité manufacturière chinoise est restée en zone de contraction en août, même si l’indice des directeurs d’achat (PMI) officiel est remonté à 49,8, contre 49,2 en juillet, se rapprochant du seuil de 50 qui sépare contraction et expansion. Cette amélioration repose notamment sur le retour en croissance de la production, dont l’indice atteint 50,4, et surtout des nouvelles commandes, à 50,6 contre 48,5 le mois précédent.

La reprise reste cependant très inégale selon la taille des entreprises, avec un PMI de 50,6 pour les grandes sociétés, contre 49,4 pour les entreprises moyennes et seulement 47,9 pour les petites. Les industries de haute technologie et de fabrication d’équipements affichent néanmoins une activité supérieure au seuil de 50, soutenues notamment par la demande liée à l’intelligence artificielle et aux exportations. Les nouvelles commandes à l’exportation repassent d’ailleurs légèrement en expansion, à 50,1, alors que les importations restent en retrait à 48,6.

La faiblesse persistante de la consommation intérieure et du secteur immobilier continue toutefois de peser sur la deuxième économie mondiale. Les autorités chinoises privilégient pour l’instant des mesures ciblées de soutien au crédit et aux investissements plutôt qu’un vaste plan de relance. L’évolution des prochains mois permettra de déterminer si le rebond des commandes peut ramener durablement l’industrie chinoise en territoire positif ou si la faiblesse de la demande intérieure continuera de freiner sa croissance.


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