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L’Open Source : une alternative économique aux éditeurs américains

Posté le 12 décembre 2018
par Philippe RICHARD
dans Informatique et Numérique

De plus en plus d’entreprises françaises se plaignent de l’augmentation des coûts engendrés par les logiciels des poids lourds américains (Oracle, SAP, Microsoft…). L’Open source permet de réduire ces coûts et la dépendance vis-à-vis de ces géants de l’informatique.

Toujours plus ! En marge de l’édition 2018 d’Oracle OpenWorld, son CEO Mark Hurd a indiqué que le géant des logiciels a un gros appétit : il ambitionne ainsi de passer de 11 à 20 milliards de chiffre d’affaires. Pour atteindre cet objectif, Oracle va développer le mode SaaS de ses applications, mais aussi augmenter le tarif de ses licences…

Pour le CIGREF, la situation devient délétère. Cette association loi 1901, créée en 1970, regroupe près de 150 grandes entreprises et administrations publiques françaises dans tous les secteurs d’activité.

À l’occasion de l’Open CIO Summit et de l’Open Source Summit (POSS) tenus à Paris début décembre, le CIGREF a publié un rapport intitulé « Open source : une alternative aux grands fournisseurs ».

Comportement hégémonique

« Aujourd’hui, le marché mondial des licences logicielles et des services numériques se concentre dans les mains de quelques grands acteurs internationaux, essentiellement américains. Ces derniers ont des objectifs de croissance de leur chiffre d’affaires insoutenables pour les entreprises et organisations publiques. De plus, celles-ci acceptent de moins en moins de supporter les coûts de solutions devenues des commodités, ne disposant que d’une valeur d’innovation très limitée, et qui les rendent dépendantes à un fournisseur au comportement hégémonique », peut-on lire dans ce rapport.

L’intérêt des logiciels libres ne se limite pas à la réduction des coûts.  Pour Pierre Baudracco, CEO de BlueMind, « la mainmise des GAFA(M) sur nos données et leur exploitation, les monopoles créés par l’économie numérique américaine, ont montré les dérives et dangers d’une telle hégémonie et nécessitent également des réponses souveraines afin de restaurer la confiance dans le numérique et permettre une indépendance numérique européenne. L’Open Source et les modèles ouverts, avec leur approche collaborative, de partage et de transparence, sur lesquels repose aujourd’hui massivement le numérique, est une réponse à ces nécessités ».

Les business models de l’Open source

À juste titre, le CIGREF précise aussi que pour de nombreuses entreprises, « les grands éditeurs sont des marques cautions, une assurance, un gage de sécurité pour le Comex ».

Mais c’est avant tout un problème culturel, car il existe des solutions dans le logiciel libre pour chaque risque identifié.

Autre frein à la migration vers l’Open source : la méconnaissance de ses différents business models. L’éditeur open source est une entreprise à but lucratif comme une autre. Le développement de ses logiciels représente un coût que l’éditeur finance sur la base d’un retour sur investissement. Il est donc important de bien comprendre le business model de l’éditeur de logiciel Open source afin d’éviter les mauvaises surprises ultérieures.

Les entreprises peuvent aussi consulter ce document consacré aux fondamentaux juridiques de l’Open source.

En guise de conclusions, le CIGREF met en avant des recommandations pour franchir le pas de l’Open source :


Pour aller plus loin