Décryptage

La gestion intelligente de l’énergie séduit (encore) peu

Posté le 10 mars 2014
par Matthieu Combe
dans Énergie

Le marché français des Box de gestion intelligente de l’énergie (Smart Energy Boxes) peine à décoller. En 2013, le nombre d’utilisateurs ne dépasserait pas quelques milliers, souvent des utilisateurs engagés et volontaires. Alcimed, société de conseil en innovation et développement de nouveaux marchés explique ce faible engouement, notamment par un retour sur investissement trop faible.

Le dispositif des Smart Energy Boxes est simple à visualiser : il se compose d’un boîtier (box) relié à Internet et communiquant, grâce à différents capteurs, avec les compteurs d’électricité, des prises intelligentes et différents appareils électriques. Il permet de piloter à distance ces appareils et donc, leur consommation d’énergie.

Le consommateur a encore du mal à accueillir ces nouveaux objets dans son quotidien. Il envisage  notamment mal les économies réalisables. Et pour cause : celles-ci seraient faibles pour la majorité des français ! Selon l’ADEME, 70 % des habitations françaises disposent d’un contrat de 6 kilovoltampère (kVa), sans chauffage électrique. À en croire la Commission de Régulation de l’Energie, leur facture annuelle tournerait aux alentours de 380 €.

Romain Petit, Responsable de missions de l’équipe Energie Environnement d’Alcimed note que « les Smart Energy Boxes, avec des perspectives d’économie d’environ 10 % représenteraient une économie annuelle de 38 € à 50 € par an » pour un investissement initial de 200 à 300 €, auquel il faut ajouter un abonnement potentiel. « Pour les boxes à vocation énergétique, avec un tarif d’abonnement coûtant a minima 50 € par an, la Smart Energy Box coûterait son équivalent économisé ! », précise le conseiller. Le coût est donc trop lourd pour des foyers où l’électricité n’est pas la première dépense.

Intéressant si vous vous chauffez à l’électrique

La situation est différente pour les logements chauffés par des radiateurs électriques. «Pour les 30 % de foyers équipés en convecteurs électriques, dont la facture moyenne excède les 1000 €, l’économie serait de plus de 100 € par an et le retour sur investissement serait ramené à 2 ou 3 ans pour une box à vocation domotique » et « immédiat pour les box à vocation énergétique », note Romain Petit.

Mais la guerre n’est pas perdue. La demande en box énergétiques devrait être favorisée naturellement par l’augmentation attendue des tarifs de l’électricité d’ici 2020. « Les industriels auront donc une vraie promesse client en améliorant les offres existantes associées aux Smart Energy Boxes avec des performances réelles, un retour sur investissement plus lisible, le développement de services plus personnalisés et intelligents », prévoit Actimed.

Où trouver ces box ?

De nombreux acteurs se lancent dans le marché de la domotique et de la gestion intelligente de l’énergie. Deux grandes familles d’offres cohabitent sur le marché. On trouve ainsi des boxes proposant principalement des fonctionnalités de gestion active de l’énergie pour diminuer sa facture. Elles permettent le suivi en temps réel de la consommation en énergie et la gestion des appareils électriques à distance via une interface web et des applications pour tablettes et smartphones. C’est le cas de la Butabox de Butagaz, de la Smart Energy Box d’Electrabel, de l’Energie Box d’Edélia, de la ZenBox de GDF-Suez et de la Smart Energy Box d’Electrabel.

A côté de cette offre, on trouve des systèmes à vocation domotique qui intègrent des fonctionnalités de gestion de l’énergie pour améliorer le confort de l’habitant. Elles permettent le pilotage de toute la maison à domicile ou à distance, de programmer des scénarios d’ambiance personnalisés et proposent éventuellement d’autres services de musiques, TV et appels. Ils sont fournis par des acteurs du secteur de la domotique, Legrand et DeltaDore avec la Dombox, Castorama avec sa Blyssbox qui fonctionne comme une centrale domotique, ou encore le fabricant danois Electronic HouseKeeper avec son système domotique.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique


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