Décryptage

Le diplôme d’ingénieur reste une bonne voie vers l’emploi

Posté le 24 août 2016
par Matthieu Combe
dans Entreprises et marchés

Les ingénieurs sont de plus en plus nombreux en France. De 680.000 en 2009, ils approchent désormais la barre des un million. Une hausse de 4% par an en moyenne. 780.000 ingénieurs sont en activité avec une large proportion de salariés (747.000). 38.000 nouveaux ingénieurs ont été diplômés en 2015, remplaçant 8 à 9.000 départs à la retraite.

L’édition 2016 de l’enquête d’Ingénieurs Et Scientifiques de France (IESF) dresse un portrait élogieux des débouchés en sortie d’école d’ingénieur. En 2015, les nouveaux ingénieurs ont trouvé plus rapidement un emploi que les deux années précédentes et les salaires ont augmenté. Tous les indicateurs sont au vert et supérieurs à ceux enregistrés pour les promotions 2013 et 2014 : proportion d’emplois trouvés en moins de 2 mois, taux de CDI, taux net d’emploi, proportion d’emplois de cadres, salaires… 76,8% des ingénieurs en poste s’estiment satisfaits de leur emploi.

En début de carrière, les salaires moyens sont passés de 35.300 € à 35.800 € entre 2014 et 2016.

Les salaires augmentent au cours de la carrière ; le salaire médian annuel s’élève à 56 000 € par an, soit 17% de plus que le salaire médian des cadres.

Le secteur tertiaire et l’industrie, en tête des embauches

On constate toujours une forte dynamique de recrutement. 106.170 ingénieurs ont été recrutés, ou ont créé leur emploi, en 2015. Parmi ces recrutements, 31,1% sont des premières embauches. 61,2% constituent un changement d’employeur et 5,3% un changement de poste au sein de la même entreprise ou du même groupe. Enfin, 2,4% sont des postes créés par un ingénieur pour lui-même.

Si l’industrie demeure le premier secteur d’activité, c’est le secteur tertiaire qui remporte la palme de l’embauche en 2015. Le secteur tertiaire a recruté 35.860 ingénieurs, contre 32.650 pour l’industrie, principalement en France.

Recrutements en 2015, selon le lieu et le secteur

Les ingénieurs, peu touchés par le chômage

Les ingénieurs sont relativement épargnés par le chômage. Seulement 4,4% sont à la recherche d’un emploi, dont 1,3% en recherche de leur premier emploi. Un taux nettement inférieur à celui de la population active en France et inférieur à celui des cadres. Jusqu’à 45 ans le chômage demeure rare, « probablement dans une zone incompressible », observe l’IESF. Au-delà, il augmente avec l’âge : 4,8% chez les 50 – 54 ans, 4,9% pour les 55 – 59 ans et 8% dans la tranche 60-64 ans.

Pour les ingénieurs, mieux vaut être jeune lorsque l’on veut changer de travail. Sur les 40% d’ingénieurs âgés de 30 à 39 ans qui ont changé d’employeur en 2015, seulement 13% sont passés par la case chômage et 2% y sont restés au moins un an. Un changement d’employeur est plus risqué après 50 ans et les ingénieurs y réfléchissent à deux fois avant de changer de poste. Seulement 17% des plus de 50 ans ont passé ce cap en 2015. Parmi eux, 25% ont connu une période de chômage, qui a duré au moins un an pour près de la moitié d’entre eux.

21% des derniers diplômés étaient à la recherche d’un emploi fin 2015. Deux mois plus tard, ils n’étaient plus que 14%. « Cette différence […] permet de souligner la vitesse d’absorptiondu flux d’ingénieurs entrant sur le marché du travail », se félicite l’IESF. Enfin, la confiance augmente : pour les ingénieurs déjà en poste, la crainte de perdre son emploi dans l’année est moins élevée que l’an dernier (9,4% contre 10,7%).

Par Matthieu Combe


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