Décryptage

Un audit va être réalisé sur le parc nucléaire français

Posté le 24 mars 2011
par La rédaction
dans Environnement

La catastrophe nucléaire japonaise a réveillé l'inquiétude des Français concernant l'état du parc nucléaire hexagonal, dont l'audit va bientôt être mené par l'ASN.

Deux semaines après le terrible tremblement de terre et le tsunami ayant frappé la côte nord-ouest du Japon, ainsi que la catastrophe nucléaire qui s’en est suivi, l’interrogation voire l’inquiétude gagne tant une partie de la classe politique française que les Français eux-mêmes sur l’état des centrales nucléaires françaises. Le premier ministre François Fillon a donc chargé ce vendredi 25 mars l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) de mener un audit sur la sûreté du parc nucléaire français, dont les conclusions ne seront fournies que vers la fin de l’année 2011.

Outre l’étude individuelle de chacune des centrales (qui n’est réalisée qu’une fois tous les 10 ans !), l’audit concernera cinq points principaux : « les risques d’inondation, de séisme, de perte des alimentations électriques et de perte du refroidissement ainsi que la gestion opérationnelle des situations accidentelles ». Alors qu’il apparaît impossible d’envisager une sortie du nucléaire en France tant nos besoins et notre production sont énormes et inextricablement liés, cet audit intervient dans un climat résolument hostile vis à vis du nucléaire, le jeu n’en valant pas la chandelle pour une assez grande majorité des Français (70 %.d’après un sondage Ifop).

Rappelons que le parc nucléaire français est constitué de 19 centrales nucléaires en exploitation, totalisant 58 Réacteurs à Eau Pressurisée (REP), dont les plus vieux ont été construits dès 1971, pour une mise en service à partir de 1977. Ces réacteurs, dont l’exploitant n’est autre qu’EDF, couvrent 80 % de la production française d’électricité, ainsi que près de 20 % de la consommation totale d’énergie en France. Il est utile de préciser que l’ASN est une autorité indépendante dont le financement est assuré par l’État, s’appuyant sur les travaux de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN).

Pour repère, les Réacteurs à Eau Bouillante (REB) 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima Daiichi ont été mis en service entre 1970 et 1974, pour une durée de vie initiale de 40 ans.

M.R.


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