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Artificialisation des sols : près de deux fois moins d’espaces consommés qu’en 2011

Posté le 25 août 2026
par Nicolas LOUIS
dans Environnement

Selon le dernier bilan du Cerema, la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers liée à l'extension urbaine régresse en France. Si cette évolution rapproche le pays de ses objectifs de sobriété foncière, elle ne fait pas disparaître les défis liés à la préservation de la biodiversité et des terres agricoles.

La consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF) poursuit sa décrue en France. Selon les dernières données publiées par le Cerema, elle a été divisée par près de deux en 2024, par rapport au début des mesures nationales en 2011. Après avoir dépassé 29 000 hectares en 2011, cette consommation est progressivement descendue sous la barre des 20 000 hectares avant d’atteindre 15 119 hectares en 2024. Malgré cette baisse, cette surface représente encore l’équivalent d’une ville comme Narbonne et rappelle que ce changement d’usage des sols demeure un phénomène d’ampleur.

Le Cerema souligne toutefois que cette diminution intervient dans un contexte particulier. Depuis 2020, les mises en chantier de logements et de locaux d’activités sont en baisse, ce qui contribue mécaniquement à réduire les surfaces consommées. Les données de consommation foncière étant calculées à partir des changements de qualification fiscale des terrains, elles reflètent également avec plusieurs années de décalage les décisions d’aménagement prises antérieurement.

Au total, depuis 2011, plus de 299 300 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers ont ainsi été convertis en espaces urbanisés, soit une superficie comparable à celle de l’île de La Réunion. En moyenne, près de 21 400 hectares disparaissent chaque année au profit de cette urbanisation.

L’habitat demeure de loin le premier moteur de consommation de ces espaces, avec 65 % des surfaces concernées. Quant aux activités économiques, elles représentent 23 % de cette consommation, devant les infrastructures (7 %) et les destinations mixtes ou non identifiées (5 %).

Le phénomène ne concerne pas uniquement les grandes métropoles. La synthèse du Cerema indique que 58 % de la consommation d’espaces est localisée dans des communes dites « détendues », où de nombreuses opérations de petite taille, souvent comprises entre deux et trois hectares sur une décennie, finissent par représenter un volume national conséquent.

Une consommation foncière concentrée sur certains territoires

Par ailleurs, 36 % de la consommation foncière est concentrée dans les couronnes des aires d’attraction des villes de moins de 200 000 habitants. Les territoires littoraux ainsi que les périphéries métropolitaines demeurent également particulièrement concernés.

Enfin, entre 2011 et 2022, plus de 7 700 communes ont continué à consommer des espaces alors qu’elles perdaient dans le même temps des habitants. Cette situation montre le décalage qui peut exister entre les dynamiques démographiques d’une part et les extensions urbaines d’autre part.

La consommation d’ENAF constitue aujourd’hui l’indicateur de référence nationale pour mesurer les progrès réalisés vers l’objectif de sobriété foncière inscrit dans la loi Climat et Résilience. Cette dernière prévoit de réduire de moitié le rythme de consommation foncière d’ici 2031 par rapport à la décennie précédente, avant d’atteindre, à l’horizon 2050, l’objectif de zéro artificialisation nette.

L’édition 2026 publiée par le Cerema marque une évolution importante de la méthode de calcul. L’établissement public a en effet réalisé un travail de retraitement de l’ensemble des données produites entre 2011 et 2024 afin qu’elles collent au plus près de la réalité sur le terrain. Pour accompagner les acteurs publics, il met à disposition plusieurs outils d’observation et d’aide à la décision afin d’identifier le potentiel foncier et favoriser la sobriété foncière.

Cette consommation foncière entraîne plusieurs conséquences environnementales. Elle est l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité et a pour effet de fragiliser les continuités écologiques. Elle réduit également la capacité des sols à stocker le carbone et à réguler les cycles de l’eau.

L’étalement urbain favorise par ailleurs les déplacements motorisés et accroît donc les émissions de gaz à effet de serre. Il provoque également des coûts supplémentaires pour les collectivités, qui doivent étendre leurs réseaux et leurs infrastructures. Enfin, il réduit progressivement les surfaces agricoles et diminue la capacité du territoire national à préserver sa production alimentaire.


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