Nous avons interrogé Julie Voyer, Directrice du salon, au sujet de ces nouveautés.
60 000 participants et 2 300 exposants sont attendus pour cette 8e édition du plus grand salon français dédié à l’industrie.
L’ensemble de la chaîne de valeur industrielle y sera représenté, des fabricants d’équipements, périphériques et consommables aux fournisseurs de services.
Comme chaque année, sous-traitants et donneurs d’ordre, PME et grands groupes se retrouveront dans un esprit visant à fédérer l’industrie française en tant que véritable communauté.
Techniques de l’ingénieur : À quoi faut-il s’attendre pour cette édition 2026 ?
Julie Voyer : Cette année, l’accent sera mis sur les nouvelles technologies : intelligence artificielle, sécurisation de la donnée, cybersécurité, stockage de la donnée, dématérialisation, jumeaux numériques, etc.
Nous avons décidé de donner une visibilité à cet ensemble d’offres qui font évoluer le pilotage de la production et de l’efficacité énergétique, à travers une zone dédiée : le « Village des technologies numériques ».
Un nouveau pôle dédié à la partie intralogistique va aussi faire son apparition : « l’Entrepôt connecté by GI », co-créé avec Proxinnov et connecté par HubOne. Nous avions déjà une offre dédiée à la robotique, notamment aux robots mobiles AGV, AIV et AMR[1], mais nous voulions la renforcer afin d’intégrer l’ensemble des flux de la supply chain, de manière plus globale.
L’autre nouveauté de 2026 est la création du Booster, un accélérateur d’innovation industrielle qui donnera aux industriels des leviers de développement et d’accompagnement.
Enfin, comme les autres années, le « Village industrie circulaire » mettra l’accent sur les sujets de décarbonation, d’industrie circulaire et de RSE, car nous conservons cette conviction forte que l’industrie de demain sera plus durable, moins polluante, plus vertueuse.
Pouvez-vous nous parler du Booster ?
Le Booster vient combler un besoin essentiel qui n’avait pas été suffisamment développé jusqu’ici à Global Industrie. Ce Booster donnera des clés aux industriels qui désirent être accompagnés dans le développement de leur entreprise, sur de multiples sujets : ouverture aux marchés internationaux, montée en compétence des collaborateurs, enjeux de normalisation, démarches RSE, financement de l’innovation, etc.
Le Booster apportera ainsi du contenu d’expertise complémentaire. Il sera organisé en cinq pools d’exposants, dont quatre seront dédiés à ces thématiques, le cinquième étant un pool dédié à l’innovation.
Enfin, il y aura aussi une Agora centrale dédiée aux enjeux clés des industriels. Durant les quatre jours, la scène principale du Booster permettra d’échanger des regards d’experts, retours d’expérience et cas d’usage concrets. De grands groupes industriels y dévoileront leurs stratégies d’innovation, afin d’informer les sous-traitants TPE, PME et ETI de leurs besoins à court ou moyen terme.
Le but est de les aider à sécuriser leur chaîne de valeur, puisqu’on sait qu’un grand groupe ne peut innover seul : il a besoin que ses sous-traitants le suivent et l’accompagnent dans sa stratégie. Pour nous, il s’agit aussi de démontrer l’importance du collectif, la nécessité de considérer l’industrie comme une filière où chaque entreprise a un rôle à jouer.
La nouveauté cette année est que nous ferons en sorte de récompenser la collaboration industrielle la plus forte, celle qui aura permis de témoigner des liens les plus forts avec des PME et des plus forts développements dans un territoire.
Que trouvera-t-on dans le « pool innovation » ?
C’est la première fois que les laboratoires et l’innovation seront aussi bien représentés à Global Industrie. Les PEI seront présents, tout comme le réseau des Carnot, ainsi que le Comité Robotique France 2030, qui aura des démonstrateurs sur place.
Ce sera par ailleurs l’occasion de présenter aux industriels les projets qui ont été financés par France 2030 et ce qu’ils vont apporter à l’industrie de demain.
Cette année, nous valoriserons aussi les hommes et femmes qui innovent, pas uniquement les innovations en elles-mêmes, à travers un nouveau prix « Les Voix de l’Industrie ».
L’attractivité de l’industrie est un enjeu majeur. Comment cette thématique sera-t-elle abordée cette année ?
Il y a actuellement plus de 150 000 postes à pourvoir dans l’industrie. Cela veut dire que l’industrie crée de la valeur, ce qui est une bonne chose, mais ça montre aussi qu’elle a un énorme besoin de se rendre désirable afin d’attirer de nouveaux talents.
À Global Industrie, nous poursuivons nos actions envers la jeunesse et nous cherchons à lui montrer que l’industrie tient déjà une place centrale dans sa vie quotidienne à travers la consommation de biens industriels.
Depuis quelques années, nous travaillons avec des collectifs dont l’objectif est de diffuser la « bonne parole » et d’élargir l’aura de l’industrie, de manière positive. Si les partenariats avec Elles Bougent, Les meufs de l’industrie ou Les influstriels se renforcent, cette année, nous irons encore plus loin en travaillant avec des créateurs de contenu, des voix capables de s’adresser directement aux 8 000 jeunes attendus sur le salon et de « prêcher pour l’industrie ». Inox Tag interviendra, par exemple, sur la deuxième journée du salon (31 mars).
Le programme est donc chargé ! Comment seront organisées les interventions sur la Grande Scène ?
La première journée sera sur le thème « Nos industries face au monde », donc avec une forte dimension internationale : dépendance aux marchés mondiaux, concurrence, dépendances, etc.
La deuxième journée sera dédiée à « L’accompagnement de nos industries en mouvement » et aux territoires. Cette journée sera aussi l’occasion de valoriser les actions locales.
La troisième journée sera consacrée à l’innovation, à la recherche et au développement. Le volet numérique sera aussi mis en avant, comme puissant levier de transformation des modèles de nos industries.
Enfin, la dernière journée concernera le poumon de l’industrie, c’est-à-dire la jeunesse. On y abordera notamment l’avenir des métiers de l’industrie, leur attractivité et les problématiques de recrutement et de formation.
Des « surprises » sont-elles prévues ?
Malgré les difficultés liées à la conjoncture économique et aux dimensions géopolitiques, nous constatons une certaine combativité des industriels et un intérêt fort, notamment de la part des politiques.
Cette année, nous devrions avoir huit ministres sur le salon, dont le ministre de l’Industrie, qui sera présent durant les quatre jours pour faire avancer les thématiques que nous portons.
Désormais, Global Industrie est identifié comme un moment collectif de l’industrie où les pouvoirs publics font des annonces, délivrent des messages sur des sujets de fond et se nourrissent des retours des industriels afin de légiférer.
D’ailleurs, les parlementaires (députés et sénateurs) seront aussi représentés, puisque nous accueillerons plusieurs délégations des deux chambres.
Le mot d’ordre de cette année est « positivons l’industrie » : Global Industrie démontrera, une fois de plus, comment ce collectif industriel peut s’engager collectivement, en restant combatif et résilient.
[1] Les trois technologies principales de robots mobiles autonomes
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