Retour au sol des nutriments et de séquestration du carbone dans les sols grâce à la valorisation organique des déchets

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La Fnade propose de doubler la production de chaleur issue des déchets

Posté le 19 octobre 2022
par Matthieu Combe
dans Environnement

La Fnade, fédération d'entreprises du secteur des déchets, propose de doubler la capacité de production de chaleur issue des incinérateurs via le développement des combustibles solides de récupération et du biogaz. Explications.

Le plan de sobriété du gouvernement mise sur des mesures d’urgence pour « passer l’hiver ». Mais la valorisation énergétique des déchets est l’un des grands oubliés de ce plan. La Fédération Nationale des Activités de la Dépollution et de l’Environnement (FNADE) compte donc profiter de la crise énergétique pour développer la valorisation de nos déchets. Elle rappelle que ces « ressources locales » contribuent à l’ « autonomie » et l’ « indépendance stratégique » de la France. La fédération regrette en ce sens que le projet de loi Accélération de la production d’énergies renouvelables « n’intègre pas la chaleur produite par la valorisation énergétique des déchets non recyclables ». Alors que le Sénat doit commencer à étudier ce texte fin octobre, la fédération espère bien faire passer des amendements.

CSR et biogaz pour doubler la chaleur issue des déchets

Aujourd’hui, la valorisation énergétique des déchets génère environ 4% de la chaleur produite en France. Le gaz issu des incinérateurs de déchets fournit 45 % de l’énergie alimentant les réseaux de chaleur urbains, soit 15 térawattheures (TWh). « À horizon 2028, ce sont plus de 30 TWh d’énergie thermique et de gaz qui pourront être produits à partir de déchets non recyclables, soit plus du double de ce qui est produit aujourd’hui », calcule la Fnade.

Dans le détail, alors que la France fait le pari des réseaux de chaleur pour diminuer sa dépendance au gaz russe, la Fnade estime que la valorisation énergétique des déchets pourrait passer à 25 TWh grâce à des soutiens publics adaptés. Les professionnels misent notamment sur le développement des Combustibles Solides de Récupération (CSR), une filière que les industriels espèrent développer en France depuis plusieurs années. Il s’agit de valoriser sous forme d’énergie les refus de tri et les fractions non recyclables des déchets. Grâce à un pouvoir calorifique important, les CSR se substituent aux énergies fossiles et peuvent être utilisés dans les fours des industriels ou dans les réseaux de chaleur.

Il serait aussi question de développer le biogaz provenant des unités de méthanisation des biodéchets, avec l’obligation de tri à la source des biodéchets. La Fnade estime le potentiel à 3 TWh d’ici 2030. En plus, elle propose de développer la valorisation du biogaz issu des centres de stockage des déchets sous forme de chaleur. La Fnade identifie là encore un potentiel de 3 TWh d’ici 2030.

Des propositions aussi pour les engrais et le recyclage

La Fnade compte aussi développer les engrais issus de la valorisation organique des déchets. Elle avance des arguments de retour au sol des nutriments et de séquestration du carbone dans les sols. « Entre 70 000 à 95 000 tonnes d’azote supplémentaires pourraient être produites localement en France par an dès 2022/2023, calcule la Fnade. Environ 5 000 exploitations agricoles, soit 350 000 hectares de sols agricoles français, pourraient bénéficier rapidement de ces amendements dont la valeur agronomique est reconnue. »

Plus globalement, la Fnade insiste sur l’intérêt du recyclage dans son ensemble pour « l’acier, l’aluminium, les plastiques, les papiers et cartons de qualité ». Alors que l’incorporation de matières recyclées dans les produits finis reste assez faible, la fédération estime que la production locale d’acier recyclé pourrait couvrir 85 % des volumes nécessaires à la fabrication d’acier d’ici 2050.


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