Décryptage

L’Arabie Saoudite laisse filer sa part de marché américaine de pétrole

Posté le 18 septembre 2014
par La rédaction
dans Énergie

OPINION [Tribune de Raymond Bonnaterre]
Les Etats-Unis, pour faire fonctionner à fond leurs raffineries de pétrole, exportatrices à bon compte de produits raffinés, importent encore d’importantes quantités de pétrole en provenance du Canada, du Moyen-Orient, d’Afrique ou d’Amérique Latine.

Ces importations étaient de 10 millions de barils par jour en Juillet 2010, elles atteignent encore les 7,6 millions de barils par jour en ce début Septembre 2014 (Figure.1), le complément de charge des raffineries étant assuré par les extractions locales et une part des condensats d’extraction de gaz naturel conventionnel et de gaz de schistes.

 

Les trois grands pays importateurs de pétrole aux Etats-Unis sont traditionnellement le Canada, l’Arabie Saoudite et le Mexique. Ils représentent à tous les trois entre 4 et 5 millions de barils/jour de pétrole importé aux Etats-Unis.

Dans cette période de baisse des cours du baril il est intéressant de comparer les parts de marché relatives de l’un et l’autre de ces fournisseurs. Alors que l’Arabie Saoudite durant une large part de 2013 et le premier trimestre 2014 avait assuré des livraisons assez stables à hauteur de 1,5 million de barils par jour et donc prenait des parts de marché, pour une demande globale en déclin, il est maintenant possible de constater qu’elle vient de ramener ses livraisons au mois d’Août 2014 vers un million de baril par jour.

D’après Bloomberg, le prix du pétrole en provenance d’Arabie dans le Golfe du Mexique n’a été proposé au mois d’Août qu’avec une faible remise de 48 cents par rapport au prix local du moment qu’est le LLS (Light Louisiana Sweet).

De toute évidence (Figure.2) c’est le pétrole canadien qui a pris sa place.

 

Ces données sont cohérentes avec une décision probable de l’Arabie de moins alimenter les marchés, pour soutenir les prix, en réduisant ses livraisons en premier lieu du marché Nord-Américain le moins rémunérateur.

A abandonner des parts de marché, autant le faire là où les prix sont cassés, voila une réaction commerciale de bon sens.

Par Raymond Bonnaterre


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