L’EPR de Flamanville à l’épreuve de 2026 : qualification, sûreté, et vérité des plannings
Après l’atteinte de la pleine puissance mi-décembre 2025, l’EPR de Flamanville 3 bascule en 2026 dans une séquence “preuve industrielle” : une campagne d’essais à 100 % et de grands transitoires (îlotage, déclenchements turbine, variations rapides de charge) destinée à qualifier le comportement de l’installation à pleine charge et le rendement de la turbine avant sa mise en régime.
Ces essais, décrits dans la fiche presse 2026 du site, s’inscrivent sous contrôle du régulateur, dont les jalons (autorisations de dépassement de paliers, suivi d’événements) sont documentés via les actualités réglementaires EDF et la page de contrôle ASNR.
Dans l’actualité immédiate, l’enjeu est double : maximiser la production “utile réseau” pendant la fin de phase d’essais, tout en préparant l’étape qui va mécaniquement peser sur la disponibilité.
Car EDF a calé la Visite Complète n°1 au 26 septembre 2026, pour environ 350 jours, dernière grande marche réglementaire avant un fonctionnement à vitesse de croisière.
Ce long arrêt (épreuves réglementaires, contrôles majeurs, fiabilisation et modifications) va retirer environ 1,6 GW du système pendant près d’un an, au moment où RTE souligne une amélioration récente de la disponibilité nucléaire (hors EPR) dans ses perspectives hiver 2025-2026.
Décarbonation : ce que 2026 change pour la chaîne logistique
Début 2026, la logistique européenne entre dans une phase où l’optimisation n’est plus seulement un sujet de coûts mais de conformité : les donneurs d’ordres durcissent leurs exigences de traçabilité et les transporteurs doivent “prouver” leurs trajectoires dans le cadre du reporting de durabilité (CSRD) et de ses effets en cascade sur les appels d’offres.
Côté route, les industriels de la mécanique subissent déjà la pression des standards CO₂ pour poids lourds, renforcés par la réforme actée dans le règlement 2024/1610 : architecture véhicule, aérodynamique, chaînes de traction, et industrialisation batterie deviennent des sujets critiques.
Dans l’immédiat, l’enjeu opérationnel est de sécuriser les corridors d’énergie : le déploiement imposé par le cadre AFIR accélère la planification des dépôts, hubs et puissances de charge, avec des arbitrages CAPEX/OPEX qui se décident maintenant.
En France, les restrictions locales restent un paramètre de planification court terme : le suivi des ZFE pousse au renouvellement ciblé (VUL, porteurs, bennes, frigorifique) et à des stratégies d’accès/dérogations selon les métropoles.
Dans les mois qui viennent, le “modal shift” se jouera aussi sur mer : FuelEU Maritime passe en mode exécution, avec une première échéance structurante au 31 janvier 2026 pour la remise du premier rapport, ce qui rejaillit sur les chargeurs via les surcharges et la sélection des capacités.
Mass balance, contentieux, CAPEX : le recyclage chimique change d’échelle en 2026
Bruxelles vient de sortir le recyclage chimique de sa zone grise : les États membres ont validé son intégration dans le calcul du contenu recyclé exigé pour les bouteilles, via un acte d’exécution très attendu. Cette bascule change la lecture économique de projets jusque-là difficiles à financer faute de crédit réglementaire clair.
Concrètement, l’UE encadre la comptabilisation par mass balance et retient une approche dite “fuel-use excluded”, qui exclut la part envoyée en valorisation énergétique du calcul du recyclé, un point clef pour les business cases et les contrats de matière.
Dans l’actualité immédiate, le signal est politique mais la controverse reste entière : ONG et chercheurs ciblent la robustesse des méthodes, la traçabilité, et le risque de “recyclé de papier” (mass balance, double-usage).
Pour l’industrie, le calendrier 2026 se joue maintenant : publication/entrée en vigueur opérationnelle, mise en place des schémas d’audit, sécurisation des flux déchets, et alignement avec la nouvelle architecture “emballages” qui s’applique progressivement à partir de 2026.
Côté finance, la reconnaissance européenne dé-risque une partie du CAPEX : elle arrive après des signaux publics (dont l’encadrement d’aides nationales) qui visent à déclencher l’investissement industriel et s’inscrit dans une trajectoire d’investissement sectorielle déjà chiffrée par les producteurs de plastiques.
Droits de douane Trump : après le couperet de la Cour suprême, l’industrie française face à un semestre de brouillard tarifaire
Le choc est venu du droit : le 20 février 2026, la Cour suprême a jugé que l’IEEPA ne permettait pas au président d’imposer des droits de douane, invalidant ainsi la “base juridique” d’une partie des tarifs Trump.
Conséquence immédiate : la douane américaine (CBP) doit cesser de percevoir ces droits dès mardi 24 février, avec une zone d’incertitude sur les remboursements et les contentieux à venir.
Mais l’administration a déjà réagi : Trump a annoncé un tarif global relevé à 15 %, relançant la volatilité et compliquant la lecture des contrats export.
Côté européen, la Commission exige de Washington qu’“un accord reste un accord” et refuse toute hausse unilatérale, tout en demandant de la clarté sur le régime post-arrêt de la Cour.
Pour l’industrie française, le sujet n’est donc pas “tarifs annulés = soulagement”, mais tarifs reconfigurés = risque de chaos opérationnel : révisions de prix, clauses d’indexation, délais de dédouanement, arbitrages d’incoterms.
Les secteurs déjà sous pression restent exposés à la demande américaine et aux à-coups tarifaires, tandis que l’aéronautique surveille exemptions et intrants (aluminium) dans un contexte où Airbus alerte sur les dégâts logistiques et financiers.
Dans les prochaines semaines, le Parlement européen pourrait reconsidérer le vote sur l’accord UE-États-Unis, tant la base juridique et le “deal” semblent mouvants.
Au printemps 2026, deux fronts vont monter : litiges de remboursements (cash-flow importateurs) et recalibrage des tarifs restants (ceux qui ne sont pas couverts par l’arrêt, via d’autres fondements).
À horizon mi-juillet 2026 (fin théorique du levier “temporaire” annoncé), les industriels devront anticiper soit une prorogation/nouveau véhicule légal américain, soit un cycle de négociation transatlantique, avec le risque symétrique de contre-mesures européennes.
Global Industrie 2026 : l’usine du futur face aux contraintes du présent
Dans un contexte où l’industrie française doit arbitrer entre compétitivité, souveraineté et décarbonation, Global Industrie 2026 s’annonce comme un baromètre très opérationnel des investissements qui “sortent enfin des slides”.
Le salon se tiendra du 30 mars au 2 avril 2026 à Paris Nord Villepinte, au moment où les donneurs d’ordres resserrent les exigences de performance, de traçabilité et de capacité à livrer.
L’édition 2026 promet de mettre en avant des axes directement corrélés aux tensions du moment : Digitalisation/IA, énergie, environnement, process, services et logistique, avec une lecture “atelier” plutôt que “concept”.
Côté terrain, le salon promet du concret via des animations dédiées, notamment l’Entrepôt Connecté, qui colle aux enjeux de productivité et de pénurie de main-d’œuvre dans la supply chain.
Sur la séquence business, le salon structure aussi des passerelles financement-innovation : un concours startups et un format “accélérateur” visant à connecter industriels et accompagnement.
Point de jalon à noter : l’Investor Day (31 mars 2026) concentrera les discussions sur IA industrielle, robotique, fabrication avancée et décarbonation — utile pour sentir où se déverrouillent (ou non) les CAPEX.
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