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Les EnR font baisser la facture des Français

Posté le 30 octobre 2026
par Caroline Kim Morange
dans Énergie

Le développement des énergies renouvelables depuis 2020 a permis de faire baisser les prix de l'électricité : c'est l'une des conclusions de la CRE dans un récent rapport. La baisse pourrait se poursuivre si le parc renouvelable s'accroissait encore, mais il faut veiller à électrifier les usages pour faire remonter la consommation et à accroître la flexibilité du système.

Dans son Rapport sur l’économie du système électrique français hexagonal, publié le 9 septembre 2026, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) analyse la situation actuelle du système électrique et les conditions économiques pour réussir une stratégie d’électrification en recourant à des capacités électriques décarbonées.

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Parmi les grands enseignements de son étude, la CRE note que « en temps normal, les énergies renouvelables (EnR) font baisser les prix de marché (…). En cas de crise, elles jouent par ailleurs un rôle d’amortisseur sur les prix. »

20 €/MWh économisés

Ainsi, elle estime que le développement du parc renouvelable depuis 2020 (solaire et éolien essentiellement terrestre) a permis de diminuer les prix moyens de marché d’environ 20 €/MWh en 2025, « ce qui est très favorable aux consommateurs ». À titre de comparaison, en 2025, les coûts complets des infrastructures de production et d’acheminement d’électricité rapportés à la consommation (soit le coût pour produire et acheminer un mégawattheure d’électricité au consommateur moyen français) s’établissent à 125,4 €/MWh.

Par ailleurs, au-delà des prix moyens, en situation de crise du marché de l’électricité, « la baisse des prix spot induite par les EnR développées entre 2020 et 2025 est estimée (…) entre − 7 et − 40 €/MWh », estime la CRE.

Surcapacité

Cette situation s’explique par l’état actuellement surcapacitaire du parc électrique français. En effet, on observe d’un côté une stagnation voire une diminution de la consommation d’électricité, et de l’autre le développement des énergies renouvelables.

L’expansion des EnR entraîne certes aussi une hausse des coûts complets du système. Ainsi, la croissance du parc entre 2020 et 2025 entraîne « un surcroît de coûts complets annualisés de 2,7 Mds € pour l’année 2025 (soit près de 5 % des coûts complets) ». Mais ce surcoût est inférieur aux bénéfices, poursuit la Commission.

Valeur assurantielle

D’autant plus que « le système électrique français est sensible aux crises affectant le prix du gaz et/ou affectant la disponibilité du nucléaire », rappelle la CRE. Dans le contexte international chaotique actuel, la volatilité du prix du gaz, et donc du coût des centrales à gaz, n’est plus à démontrer. Concernant le nucléaire, la Commission indique par exemple que l’année 2022 a été marquée par une forte indisponibilité du parc nucléaire. Les difficultés de refroidissement des centrales en période de canicule, comme nous l’avons observé pendant l’été 2026, renforcent cet argument. C’est pourquoi « les coûts du développement des EnR doivent être mis au regard de leur valeur assurantielle pour le consommateur et pour le système », souligne le rapport.

« Le développement des EnR s’avère (…) économiquement intéressant les années de crise en cas de choc simultané sur le gaz et le nucléaire », ajoute la Commission.

Électrifier les usages

Actuellement, la CRE estime que le parc électrique français est correctement dimensionné : la capacité de production potentielle (plus de 160 GW) est supérieure au besoin de consommation, mais la capacité disponible à la pointe en France (environ 90 GW) est assez proche du besoin lors des périodes de tension.

Pourtant, selon la Commission, la poursuite du développement des EnR est souhaitable pour continuer à baisser les prix, du moins jusqu’à un certain point. En effet, si la consommation d’électricité n’augmente pas, le coût de cette stratégie pourrait finalement excéder le gain économique. Par ailleurs, les producteurs historiques non soutenus par l’aide publique aux renouvelables sont pénalisés par la baisse des prix de gros ; cela peut peser sur leur stratégie ou capacité d’investissement, notamment dans le parc nucléaire existant et futur.

Au final, « à long terme, une augmentation du parc EnR au-delà de 50 % de la puissance installée à fin 2025, accompagnée d’une stagnation de la consommation sur plusieurs années, ne serait probablement pas soutenable », estime la CRE. Elle invite donc à électrifier davantage les usages, mais aussi à « agir sur la temporalité de la demande et de l’offre en développant tous les types de flexibilité », par exemple les capacités de stockage de l’électricité.

Interconnexion

La CRE analyse en outre dans son rapport l’interconnexion du système électrique français avec le réseau européen. Elle note que la France est exportatrice nette d’électricité, ce qui en 2025 lui a rapporté 5,4 Mds €, pour 92,3 TWh exportés. Depuis 2023, la France est le premier exportateur net d’électricité en Europe.

Cela contribue à diminuer la facture des consommateurs. En cas de crise dans l’hexagone, cette interconnexion joue en outre un rôle assurantiel. La Commission donne l’exemple de la crise de 2022 et cite en particulier le cas du 8 décembre 2022. Ce jour-là, les importations ont couvert jusqu’à 22 % de la consommation nationale, d’après ses calculs. Ainsi, « l’intégration au marché européen contribue à la sécurité d’approvisionnement et permet de réduire la facture en participant à la couverture des coûts », conclut-elle.

Le parc EnR joue un rôle d’amortisseur sur les prix. C’est particulièrement marqué dans les crises affectant les prix du gaz.

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