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Sécurité des salariés à l’étranger : des progrès réels mais lents

Posté le 26 février 2016
par Sophie Hoguin
dans Entreprises et marchés

L'édition 2015 du baromètre de la sécurité des collaborateurs à l'international publiée par le Club des directeurs de sécurité des entreprises (CDSE) révèle que les entreprises françaises perçoivent mieux les risques qui pèsent sur leurs salariés à l'étranger depuis les attentats de novembre 2015.

Le deuxième baromètre de la sécurité des collaborateurs à l’international (A consulter ici : deuxieme barometre CDSE de la sécurité des collaborateurs à l’international), réalisé par le CDSE (Club des directeurs de sécurité des entreprises), en partenariat avec AXA Assistance France, montre que les dirigeants d’entreprise de plus de 50 salariés qui ont envoyé au moins 1 salarié à l’étranger prennent de plus en plus conscience des risques à l’international – même si cette prise de conscience n’est pas encore pleinement réalisée dans le cadre de leur entreprise (sentiment de n’être pas directement concerné, absence de consignes pour leur salariés à l’international etc.)

L’insécurité internationale augmente

Terrorisme, instabilité politique, présence majeure de trafics, épidémies, catastrophes naturelles ou industrielles, l’insécurité dans le monde représente une menace pour la France, ses entreprises, ses citoyens pour 82% des dirigeants français interrogés dans ce deuxième baromètre. C’est 8 points de plus qu’en 2014. Et les attentats en France et dans le monde ne semblent pas indifférents à cette évolution. En effet, dans la liste des risques potentiels, le terrorisme arrive en premier avec une augmentation de 28 points depuis 2014 !

Des dirigeants qui se sentent peu concernés

Malgré tout, la part des dirigeants interrogés qui se sentent directement concerné par cette insécurité a diminué d’un point par rapport à 2014, passant de 20 à 19%. Et la part, majoritaire de ceux pensant que les risques sont identiques est restée stable à 71%.

Méconnaissance des risques et des dispositifs d’aide

L’enquête montre aussi une connaissance modérée du cadre tant juridique qu’assurantiel et des moyens de soutien et d’information qui existent. Ainsi, encore 33% n’ont pas d’idée des responsabilités juridiques de l’entreprise dans le cadre du déplacement d’un employé à l’international, 76% ne disposent pas d’une classification des zones à risques et seulement 1 entreprise sur 4 a un dispositif de gestion de crise spécifique. En outre, seule 1 entreprise sur 2 connaît le site de conseils du Ministère des Affaires étrangères (sans pour autant le consulter).

Mais de plus en plus de personnes dédiées

La sécurité/sûreté des employés en déplacement à l’international est un enjeu de plus en plus important pour près d’1/3 des entreprises (31%, +5 points depuis 2014) et les entreprises ont un poste dédié (50% d’entre elles, +19 points) à la gestion de sécurité des collaborateurs à l’étranger. En outre, on voit que la préparation se développe : près des 2/3 des entreprises donnent des informations aux salariés, 2 entreprises sur 5 dispensent des formations, et la moitié soumettent leurs salariés à des procédures spécifiques pour préparer ces déplacements. Néanmoins, elles ne sont qu’une sur deux à avoir des contrats d’assistance spécifiques (en baisse de 10 points).

Rappel des obligations de l’employeur

La loi impose à l’employeur d’informer le salarié qu’il envoie à l’étranger sur les conditions sanitaires et sécuritaires du pays : avant le départ, sans que le salarié n’ait besoin de faire des recherches et en prenant en compte les mises en garde du ministère des affaires étrangères. Par ailleurs, l’obligation de sécurité de résultat édictée par le code du travail continue de courir et il existe en outre une responsabilité civile contractuelle qui peut être invoquée même dans des situations hors des lieux et heures de travail.

Par Sophie Hoguin


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