La construction de ce site de production de 16 700 m², qui sera implanté à Sacramento en Californie, s’inscrit dans le cadre de l’immense défi énergétique que doivent actuellement relever les réseaux électriques municipaux américains.
En effet, après 15 ans de stagnation, le réseau fait face, depuis 5 ans, à une hausse de la demande énergétique (2,1 % par an en moyenne), selon l’US Energy Information Administration. Cette hausse est liée à de multiples facteurs, à commencer par le développement de l’IA et la consommation des centres de données, qui pourrait doubler entre 2025 et 2030, selon un rapport de S&P Global Energy & Market Intelligence.
Les ENR comme réponse à la hausse de la demande électrique
L’alimentation des Data Centers est ainsi devenue un sujet majeur, puisque l’accès à l’électricité est désormais identifié comme le principal frein au développement des Data Centers aux États-Unis.
Pour faire face à cette hausse des besoins, les solutions énergétiques envisagées sont nombreuses. On peut citer le gaz naturel, qui apparaît, à court terme, comme l’une des réponses principales à la vague actuelle de construction des Data Centers. Du côté des hyperscalers (Microsoft, Google, Amazon, Meta), qui recherchent une électricité décarbonée disponible 24h/24, le développement de petits réacteurs nucléaires (SMR) semble également une piste privilégiée.
En outre, les géants du numérique investissent massivement dans les énergies renouvelables, couplées à des systèmes de stockage sur batterie. L’EIA prévoit d’ailleurs une hausse de la part de renouvelable dans chaque région du pays, si bien que toutes les projections placent le solaire et l’éolien comme sources de production électrique privilégiées en 2050.
Le stockage stationnaire, une solution idéale pour le stockage à grande échelle
Or, dans ce scénario qui met les énergies renouvelables au cœur du système énergétique, la question du stockage stationnaire d’électricité devient cruciale afin de gérer les variations de production et pics de consommation.
Selon la Solar Energy Industries Association, cette urgence se ressent déjà dans les chiffres, puisque le premier trimestre 2026 marque un record, avec 9,7 GWh de nouvelles capacités de stockage installées. Par ailleurs, de nombreuses usines de production de véhicules électriques américaines seraient en train de réorganiser leurs chaînes de production pour répondre aux besoins du marché du stockage de l’énergie. LG Energy Solution a ainsi opté pour ce virage stratégique, motivé par le ralentissement du marché américain de la mobilité électrique.
La technologie sodium-ion : moins chère et plus sûre que le lithium-ion
Actuellement, le stockage d’énergie stationnaire est largement dominé par les technologies lithium-ion, en particulier le Lithium Fer Phosphate ou LFP, dont la plage de fonctionnement idéale se situe généralement entre +20°C et +40°C.
Cette technologie n’est donc pas adaptée aux hautes températures, ce qui rend obligatoire l’utilisation d’équipements auxiliaires pour leur refroidissement (ventilateurs, refroidisseurs, circuits de fluides). Or, c’est bien ce poste « refroidissement » qui est responsable de la majorité des coûts opérationnels.
C’est là tout l’intérêt de la technologie sodium-ion (NFPP) proposée par Peak Energy. Selon le communiqué de presse publié en juillet, ces nouveaux systèmes de stockage d’énergie par batteries sodium-ion utilisent un refroidissement passif. Par conséquent, plus besoin de systèmes HVAC complexes pour assurer la fiabilité de stockage : Peak Energy promet des coûts de stockage d’énergie réduits de 20 % et une disponibilité garantie de 99 %.
En outre, la plage d’utilisation de -40°C à +55°C qui est annoncée promet une intégration dans les environnements les plus extrêmes.
L’Europe et les États-Unis peuvent-ils encore concurrencer la Chine sur le sodium-ion ?
Peak Energy fait partie des rares acteurs occidentaux à entamer l’industrialisation massive de la technologie de batterie sodium-ion. En occident, on pourrait également citer l’entreprise française Tiamat, qui produit déjà des cellules sodium-ion en petites séries[1]. Or, sa future gigafactory de Boves (Hauts-de-France), qui devrait être mise en service mi-2027, vise une capacité de 5 GWh.
De son côté, la Chine domine déjà l’offre en matière de production de cellules sodium-ion et devrait contrôler plus de 95 % du marché d’ici 2030 ! Concurrencer la Chine sur le terrain des batteries pour véhicules électriques, qu’elles soient à base de technologies lithium ou sodium, semble donc plus que difficile.
Néanmoins, la question n’est pas là, car ces usines occidentales visent des usages différents, comme le stockage d’énergie stationnaire à grande échelle. Et surtout, le remplacement du lithium par le sodium est avant tout une question d’ordre stratégique, qui permettra à l’occident de réduire sa dépendance aux cellules lithium chinoises, le sodium étant un élément abondant sur toute la planète.
[1] L’université britannique de Swansea et l’entreprise Batri développent également des cellules sodium-ion. Mais le projet en est encore au stade du démonstrateur.
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