En ce moment

L’IA accélère le développement de nouveaux matériaux chez Saint-Gobain

Posté le 6 novembre 2026
par Arnaud Moign
dans Matériaux

En juillet 2026, Saint-Gobain signait un partenariat avec Microsoft en vue d’accélérer la transformation de Saint-Gobain via les technologies numériques et l’IA. Trois mois plus tard, cette collaboration porte déjà ses fruits : les scientifiques et ingénieurs de Saint-Gobain utilisent désormais l’IA pour accélérer les travaux de recherche et développement dans le domaine des matériaux de construction, avec des résultats prometteurs.

L’industrie cimentière représente, à elle seule, environ 7 % des émissions mondiales de CO2. En tant que plus gros producteur mondial de matériaux de construction, le groupe Saint-Gobain cherche lui aussi à réduire ses émissions. Pour Saint-Gobain, cela se traduit notamment par le développement de nouveaux additifs et de nouvelles chimies permettant à la fois d’améliorer les propriétés du ciment et de réduire son empreinte carbone.

En mars 2026, Microsoft a lancé, en sortie privée, sa nouvelle plateforme d’IA agentique Microsoft Discovery, destinée aux scientifiques et ingénieurs. Saint-Gobain faisait alors partie des premiers clients à utiliser la plateforme : le groupe a même aidé Microsoft à la mettre au point.

Saint-Gobain perçoit ainsi l’IA comme un nouveau modèle de fonctionnement, qui permettra, à terme, d’accélérer la mise sur le marché de produits. Le groupe a d’ailleurs signé un accord de collaboration avec Microsoft fin juillet, et depuis septembre il a renforcé ses ambitions dans l’IA en nommant Annica Hagen au poste de Chief Artificial Intelligence Officer (CAIO).

Une méthode de travail révolutionnaire ?

Dans une récente vidéo, Mojdeh Rastgoo-Lemaitre, responsable du programme d’accélération numérique chez Saint-Gobain, explique que son équipe a utilisé Microsoft Discovery dans le but de trouver de nouvelles molécules potentiellement utilisables dans des formulations d’additifs cimentiers.

« Nous avons rassemblé environ 100 000 articles scientifiques et brevets issus de différents domaines, dans le but de créer une base de connaissances dans Microsoft Discovery. »

La plateforme leur permet de connecter des modèles de simulation déjà disponibles en interne et différents agents qu’ils sont en train de développer dans Microsoft Foundry.

Avec un simple prompt dans Microsoft Discovery, les scientifiques de Saint-Gobain sont, de fait, capables d’orchestrer le flux de travail. Il leur suffit alors d’interroger l’outil, d’interagir avec lui et de créer de nouvelles hypothèses, pour faire avancer leurs travaux.

Selon Mme Rastgoo-Lemaitre, lorsqu’une nouvelle molécule est « trouvée », elle est ensuite modélisée par un agent, ce qui permet alors aux chercheurs de réfléchir à la manière dont celle-ci peut interagir avec les autres molécules de la formulation.

Cette nouvelle manière de travailler semble prometteuse. En effet, les gains de productivité sont assez spectaculaires, puisque quelques heures ont suffi aux chercheurs pour créer cette base de connaissance. Sans Microsoft Discovery, « il aurait fallu au moins un an de travail », précise Mme Rastgoo-Lemaitre.

Elle ajoute qu’ils sont passés d’une ou deux hypothèses de travail par mois à cinq ou six hypothèses en six semaines.

Quand l’IA booste la R&D

Le groupe Saint-Gobain n’est pas le seul acteur majeur de l’industrie à intégrer l’IA et les outils numériques en R&D pour la formulation de nouvelles chimies de matériaux.

D’autres se sont aussi engagés dans cette voie. On peut citer, comme exemples :


Pour aller plus loin