On regroupe sous le terme générique de « géomatériaux », les principaux
matériaux du génie civil que sont les sols, les roches et les bétons.
Les géomatériaux présentent une microstructure formée par les particules
ou agrégats élémentaires (les grains d’un sable, ou les assemblages
cristallins d’une roche par exemple). Aussi la description du comportement
mécanique des géomatériaux peut être abordée à plusieurs niveaux :
à partir d’une échelle grande vis-à-vis de la taille caractéristique
des hétérogénéités formant la microstructure, ils sont alors vus comme
des milieux continus et leur comportement peut être décrit par des
modèles phénoménologiques élasto-visco-plastiques dans le cadre de
la mécanique des milieux continus ;
ou bien en s’appuyant sur la description des interactions
physiques (voire physico-chimiques) en jeu à l’échelle de la microstructure,
telles que les interactions de contact entre deux grains de sable,
responsables des déformations à grande échelle. Ces interactions à
petite échelle sont décrites dans le cadre de la micromécanique et
il est possible de construire des modèles de comportement mécanique
des géomatériaux basés en totalité ou en partie sur ces éléments micromécaniques.
Cet article présente les développements relatifs à ce deuxième
niveau de description. Les modèles de comportement qui en sont issus
connaissent un bel essor dans le cadre d’actions de recherche et développement
pour le génie civil. Ces modèles s’appuient en particulier sur une
méthode numérique : « la méthode aux éléments discrets » que l’on
présentera dans cet article. Cette méthode relève de la « Dynamique
Moléculaire », l’une des méthodologies numériques les plus puissantes
de la physico-chimie contemporaine. Les outils de modélisation numérique
issus de cette approche, capables de prendre en compte de manière
distincte chaque grain de sol ou élément de roche ou de béton, ouvrent
de nouvelles perspectives pour l’ingénieur. Ces perspectives sont
d’ailleurs actuellement étendues par les possibilités de couplage
de ces outils avec des méthodes dites CFD (« Computational Fluid Dynamique »)
pour décrire la dynamique du liquide interstitiel et son interaction
avec la phase granulaire solide lors d’écoulements internes.
On s’intéressera également à des modèles analytiques, dits « relations
constitutives micromécaniques », constituant une alternative aux modèles
numériques basés sur la méthode aux éléments discrets, et pouvant
être implémentés à la place de modèles phénoménologiques dans des
codes de calcul classiques utilisant la méthode des éléments finis
ou des différences finies.
Enfin on remarquera qu’il est également possible d’enrichir des
modèles...