La maîtrise des techniques de production, le contrôle des systèmes de production, l’optimisation des coûts ont fait l’objet de nombreux travaux. Mais ce n’est que depuis une décennie, sous la pression économique et technologique dues principalement à l’internationalisation du marché, qu’améliorer les performances de la phase conception est apparu indispensable. Il ne suffit plus de baisser les coûts de production, il faut élaborer des produits de qualité satisfaisant les besoins du client dans des conditions économiques optimales. Le marché impose de plus en plus de variantes à des produits dont la durée de vie ne fait que décroître : le délai de mise sur le marché doit diminuer. Les contraintes de l’environnement économique imposent une meilleure gestion des dépenses, et, en particulier, le contrôle des activités qui génèrent les coûts sans forcément apporter de valeur ajoutée directe. La conception doit être observée en tant que projet finalisé, en interaction avec un environnement et en évolution permanente dans le contexte de performance industrielle.
La maîtrise de la conception porte non seulement sur les activités du processus, qui conduisent à la définition du produit, mais également sur la compréhension, en vue de leur amélioration, des décisions de pilotage (ou de conduite) de la fonction conception. En effet, l’activité de conception est ponctuée d’innombrables décisions de toutes natures, d’implications diverses, d’importances relatives... La décision est depuis longtemps un champ d’étude, ce qui a conduit à certaines théories. Or, la décision dans le domaine de la conception des produits est rarement l’objet de ces recherches.
Les
décisions en conception
se prennent « naturellement » au cours du projet. Généralement, la décision repose sur le savoir-faire et l’expérience du responsable du projet. La prise de conscience qu’une décision locale (ou non-décision) peut ensuite avoir une influence capitale n’est pas toujours aisée par les différents acteurs. Cette compétence sera mieux partagée et s’acquerra plus vite s’il est possible de se référer à une approche structurée de la décision en conception. L’étude de ces décisions fait l’objet de cet article et doit ainsi permettre aux acteurs de la conception de mettre en place une démarche d’amélioration de la performance en ingénierie des produits. Les décisions peuvent être classées en deux catégories : les décisions technologiques et les décisions de conduite. Les
décisions technologiques
correspondent à des choix, des sélections d’alternatives. Elles sont essentiellement procédurales et il existe de nombreuses méthodes et outils pour les supporter. Les
décisions de conduite
sont relatives à la planification...