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CES : la vitrine high-tech a connu quelques gros flops

Posté le 10 janvier 2020
par Philippe RICHARD
dans Innovations sectorielles

Le Consumer Electronics Show reste le meilleur salon au monde présentant les technologies que nous utiliserons au quotidien. Il permet aussi d’observer les évolutions majeures de l’industrie et de découvrir quelques projets intéressants. Cette année, Sony et Toyota ont marqué les esprits. Le premier avec son concept-car de voiture électrique et le second avec sa Woven City, sa ville futuriste. Mais c’est aussi un flux incessant de nouveautés plus ou moins extraordinaires.

Ce salon de l’électronique grand public est le rendez-vous incontournable de l’année. Depuis son inauguration à New York en 1967, le CES a profondément évolué. Dans les années 1970, c’était un salon professionnel, avec peu de couvertures médiatiques.

Mais depuis sa migration à Las Vegas à la fin des années 90, il est devenu la grand-messe high-tech. En une décennie sont apparus les smartphones, les tablettes, la TV connectée, le streaming, les drones, l’impression 3D, la TV 4K, les caméras sportives…

Toutefois, beaucoup de produits ne s’imposent pas et ne sont jamais utilisés par le grand public ou les professionnels. Qui se rappelle en effet des consoles de jeu présentées ces dernières années au CES et censées «révolutionner» la vie des gamers ? Ainsi, en 2005, Tiger Telematics proposait la Gizmondo. Un flop : un catalogue de jeux qui ne comptait guère plus d’une douzaine de titres. Seuls sept ont été mis en vente aux États-Unis. Et seulement 25 000 exemplaires de cette console ont été vendus.

Plus gros flop d’Apple

Même Apple a connu un échec dans ce domaine. Au CES 1996, la marque présente son Pippin, un ordinateur qui pouvait être aussi utilisé pour jouer à des jeux. Apple s’était associé avec le fabricant de jouets japonais Bandai. Mais cela n’a pas suffi.

Les consommateurs avaient été déconcertés par ce mi-ordinateur, mi-console vendu environ 600 dollars à l’époque. Le modem de 14,4 kpbs rendait l’appareil très lent, et peu de jeux étaient disponibles pour le système d’exploitation Mac. Résultat, quelque 10 000 Pippin avaient été vendus aux États-Unis. C’est l’un des plus gros flops d’Apple.

Autre flop retentissant, celui de la télévision 3D. Des prototypes avaient été présentés dès 2009 à Las Vegas. Le succès du film Avatar de James Cameron laissait croire au grand public que tout le monde aura dans son salon un écran plat diffusant du contenu en relief. 1,3 million d’exemplaires ont été vendus en 2014 dans l’hexagone. Un an plus tard, les ventes tombent à 800 000. Principales raisons : peu de contenus, la nécessité de porter des paires de lunettes ou d’acheter un écran lenticulaire très onéreux…

Néanmoins, le CES reste incontournable car c’est une sorte de laboratoire d’idées. Des entreprises, et surtout des startups, y présentent leur projet ou prototype afin de récupérer du feedback et ajuster leurs plans. Et certaines se heurtent aux réalités d’un marché encombré de gadgets plus ou moins utiles…


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