Décryptage

Le business model d’Hyperloop se précise

Posté le 1 juillet 2015
par Matthieu Combe
dans Entreprises et marchés

Il y a du nouveau du côté d'Hyperloop. A l'occasion de la conférence Hello Tomorrow à la Cité des Science et de l‘Industrie de Paris, BFM Business a recueili les ambitions de Dirk Ahlborn, patron de Hyperloop Transportation Technologies, l’une des start-up qui cherche à développer le concept de train supersonique d'Elon Musk.

Dirk Ahlborn prévoit un réseau supersonique qui reliera bientôt toutes les villes du monde. Hyperloop pourrait ainsi redessiner l’ensemble des territoires. Il sera possible d’habiter à plusieurs centaines de kilomètres de son travail et de faire son trajet domicile-travail en moins d’une heure. Grâce à Hyperloop, il serait, par exemple, possible de vivre à Marseille et d’aller travailler à Paris en moins de 40 minutes !

La question que tout le monde se pose est : le prix du billet ne sera-t-il pas prohibitif? Loin de  là, selon Dirk Ahlborn. La société travaille sur des business models innovants, à l’opposé de l’industrie ferroviaire classique qu’il qualifie de « dinosaures ». Hyperloop Transportation Technologies réfléchit à une tarification nouvelle, inspirée des compagnies aériennes low-cost, comme Ryan Air. « Les prix pourraient être fixés en fonction de la demande ; par exemple, payant pendant les périodes de pointe et gratuit le reste du temps », confie Dirk Ahlborn à BFM Business. L’entreprise se rémunérerait avec de la publicité, des contenus proposés aux passagers pendant leur trajet ou encore grâce à de nouvelles approches de services aux usagers. « Nous pourrons vous vendre des services en fonction de votre destination ou de votre profil de voyageur. Regardez RyanAir, dans l’aérien, qui a des coûts plus élevés que le prix de ses tickets et qui parvient à gagner de l’argent d’une manière plus intelligente», explique le PDG d’Hyperloop.

Hyperloop, en ville et à la campagne, jusqu’à 1220 km/h

Hyperloop prendra l’aspect de plusieurs capsules cylindriques pouvant accueillir 28 ou 40 personnes. Celles-ci se déplaceront dans un tube à très basse pression, qui reposera sur des coussins d’air pressurisés. En éliminant ainsi les frottements de l’air, les capsules pourront se déplacer jusqu’à 1220 km/h en ligne droite et en campagne. Les vitesses d’accélération seront progressives pour que les passagers ne soient pas soumis aux nausées ou malaises. 

Deux versions sont d’ores et déjà prévues : une version métro rapide en ville et une version « train » qui relierait les grandes villes en quelques dizaines de minutes. Voulu écologique, Hyperloop devrait être entièrement alimenté grâce à des panneaux solaires placés sur les tubes.

Hyperloop, c’est pour quand?

La construction de la première portion d’essai commencera dès 2016 sur une propriété privée à Quay Valley en Californie. Après plusieurs tests, la première capsule embarquera 2 ans plus  tard ses premiers passagers sur une distance d’environ 8 km. Pour des questions de réglementation,  Dirk Ahlborn prévient que les premiers trains longue distance seront ensuite sûrement construits « en Asie et au Moyen-Orient, où il est plus facile de faire naître des projets innovants ».

L’entreprise mise sur le crowdsourcing pour développer rapidement son concept. Environ 400 experts issus de 21 pays contribuent en proposant leurs idées en échange d’actions de la société. En se déplaçant plus vite qu’un avion pour des tarifs beaucoup moins élevés que le train, Hyperloop est promis à un bel avenir. Voici encore un projet très ambitieux que nous continuerons à suivre !

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :


Pour aller plus loin