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Salaires de l’industrie : BlueDocker publie son baromètre 2026

Posté le 10 août 2026
par Arnaud Moign
dans Entreprises et marchés

Le cabinet de recrutement BlueDocker publie chaque année son baromètre des salaires de l’industrie. Alors que l'édition 2025 dressait principalement un constat des tensions du marché de l'emploi industriel, l'édition 2026 s'attache davantage aux leviers concrets permettant aux entreprises de renforcer leur attractivité et d'améliorer l’efficacité de leur recrutement. Concernant les salaires, ils sont toujours globalement en hausse.

Dans sa feuille de route consacrée à l’emploi industriel, le gouvernement affiche l’objectif de 600 000 recrutements durables en 2026 et 1,3 million de postes industriels à pourvoir d’ici 2035. Pourtant, France Travail constate un léger recul (- 2.4 %) des prévisions de recrutement dans l’industrie en 2026.

Comment expliquer cette situation paradoxale ? Dans l’éditorial du baromètre 2026 sur les salaires de l’industrie, Thomas Baverel, Fondateur de BlueDocker, constate que les embauches industrielles prévues cette année se « réalisent dans un contexte de vigilance accrue, avec des processus qui s’allongent et des décisions qui se prennent au ralenti ». En 2026, 48 % des projets de recrutement dans l’industrie sont ainsi jugés difficiles par les entreprises.

Malheureusement, la situation s’aggrave d’année en année, à mesure que les départs en retraite s’accélèrent. En effet, comment réindustrialiser le pays et développer de nouvelles activités, alors que 35 % des embauches prévues dans l’industrie servent déjà à remplacer les départs en retraite ?

Mais il y a encore plus paradoxal : des candidats, il y en a ! Pour Thomas Baverel, le problème n’est pas l’absence de candidats, mais plutôt la tendance qu’ont les entreprises à vouloir « recruter sur profil plutôt que sur potentiel ».

Or, le fait que les industriels peinent à trouver des profils qui correspondent à 100 % de leurs critères est un signal clair qu’il vaut mieux miser sur des candidats fiables et capables d’apprendre rapidement, plutôt que sur d’hypothétiques profils « parfaits » difficiles à recruter, surtout que ces profils rares sont extrêmement sollicités[1].

Quels salaires augmentent ou diminuent en 2026 ?

Dans l’industrie, la tendance générale n’est clairement pas à la baisse des salaires. Parmi les 80 métiers industriels pris en compte cette année dans le baromètre (contre 57 en 2025), seule une poignée est en diminution.

Les rares baisses observées dans le baromètre 2026 concernent essentiellement des métiers d’ingénierie ou de fonctions support, comme l’électronique embarquée, le génie des procédés ou le QHSE.

Les métiers avec les plus fortes baisses de 2025 à 2026. Exprimé en pourcentage de variation des salaires. (Crédit : BlueDocker)

Sans surprise, les métiers de production et de maintenance font toujours partie des métiers les plus recherchés en 2026. De manière logique, les salaires sont donc en hausse dans ces secteurs : + 6,7 % pour les responsables maintenance, + 5,7 % pour les techniciens, + 13 % pour les techniciens SAV/mise en service et + 5,3 % pour les responsables de production. En outre, les salaires des chefs d’atelier, directeurs de site et directeurs commerciaux augmentent également.

Les 10 métiers les plus recherchés par les clients BlueDocker sur la période 2021 – 2026 (Crédit : BlueDocker)
Les dix métiers avec les plus fortes hausses de 2025 à 2026. Exprimé en pourcentage de variation des salaires. (Crédit : BlueDocker)

Le constat est le même pour les métiers permettant de sécuriser les flux de production : achats, supply chain et ordonnancement.

Ces hausses de salaire traduisent ainsi une urgence industrielle : celle de produire et vendre à tout prix, tout arrêt de production coûtant bien plus cher qu’une augmentation de salaire.

La rémunération n’est pas le nœud du problème

Thomas Baverel rappelle cependant que « les industriels qui recrutent le mieux en 2026 ne sont pas nécessairement ceux qui paient le plus ». La rémunération demeure bien entendu un critère déterminant, mais elle ne suffit pas à assurer l’attractivité d’une entreprise vis-à-vis des candidats, car la question est aussi de « savoir ce qu’on leur propose, et comment on leur parle. »

Néanmoins, si la rémunération n’est pas forcément le problème, le manque de transparence sur les salaires en est un. Thomas Baverel rappelle d’ailleurs que 40 % des candidats écartent d’emblée une offre sans fourchette affichée et qu’un « recrutement sans chiffre, c’est un recrutement qui part mal ».

Or, la transparence est justement l’objectif de ces baromètres annuels, construits pour que les clients de BlueDocker et les candidats disposent des mêmes repères, « pas pour que l’un ait l’avantage sur l’autre. »


[1] Selon le rapport BlueDocker 2026, 64 % des ingénieurs et techniciens disent être contactés par un recruteur au moins une fois par mois


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