De couleur rose pâle, cette petite pieuvre « de la taille d’un poing humain », vit dans une eau à 6-8 degrés celsius par 200 à 600 mètres de fond, explique Stephanie Bush, chercheuse à l’institut de l’aquarium de Monterey Bay.
C’est en cherchant de nouveaux animaux à présenter aux visiteurs de l’aquarium que Mme Bush a commencé à s’intéresser à cette espèce, observée par son laboratoire depuis la fin des années 1980, mais qu’elle n’a commencé à étudier que depuis l’an dernier.
« De nouvelles espèces sont découvertes tous les ans, mais elles ne sont pas toutes répertoriées, car ce processus peut prendre des années », explique la chercheuse.
De fait, il lui a fallu plusieurs mois pour mesurer et étudier la morphologie du petit céphalopode. Elle doit désormais soumettre un article à une revue scientifique, qui tranchera sur l’attribution du nom.
« Je ne suis pas encore sûre à 100% que j’opterai pour le nom Adorabilis », explique-t-elle.
« Mais je ne vois pas pourquoi un tel nom serait refusé, c’est facile à prononcer et très populaire », poursuit-elle, faisant remarquer que d’autres espèces, notamment une chez les colibris, portent le même nom.
Pour l’heure, on en sait très peu sur ces pieuvres, dont seulement 12 spécimens, uniquement des femelles, ont pu être étudiés par Stephanie Bush.
« Elles passent la plupart de leur temps assisses, mais parfois elles doivent se mouvoir pour manger ou se reproduire », raconte la chercheuse. De nouvelles données pourraient éclore grâce aux oeufs récoltés en laboratoire, mais dont l’incubation « très lente compte tenu de la température à laquelle vivent ces animaux », peut prendre encore deux à trois ans.
« Les animaux des fonds marins sont moins connus que ceux d’autres habitats », rappelle-t-elle. Malgré la difficulté d’accès à ces espaces immenses, le travail des scientifiques est crucial, car il permet d’en savoir plus sur « la production de nourriture ou d’oxygène », des sujets impactant la vie humaine, explique-t-elle.
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