La protection contre les risques anthropiques et naturels est un problème mondial. En France, il est du ressort de l’aménagement du territoire, et fait l’objet de différentes lois et décrets qui seront rappelés avant d’examiner les parades prévues par la société. Mais pour bien des risques, les scénarios de dommages aux personnes, aux biens, aux activités et à l’environnement sont encore mal établis, en particulier parce que les mécanismes d’occurrence des phénomènes anthropiques et naturels dommageables le sont également. Aussi, tout en faisant le point sur les différentes méthodes actuelles de protection, nous examinerons comment la société évalue les risques et quel est le niveau actuel d’une mise en œuvre probabiliste explicite à travers 5 risques naturels : les séismes, les mouvements de terrains, les avalanches, les inondations et les incendies de forêt.
Pourquoi ces 5 risques ? Ils ne sont pas négligeables en France métropolitaine et font l’objet d’une cartographie et de développements encore récents de la législation. On ne parlera des risques volcaniques et d’ouragans, plus spécifiques à la France d’outre-mer, que dans la présentation générale.
Nous avons affaire à des événements naturels incertains, délimités dans le temps et dans l’espace, qui induisent des risques ; l’évaluation de ceux-ci se présente sous divers aspects :
les événements ont des lois mal ou très mal connues ; ils se sont manifestés « peu » de fois. Seuls quelques experts arrivent à se faire une idée sur leur occurrence dans tel ou tel cas concret afin de décider du type de mesures. C’est l’approche experte qui s’exprime en terme de jugement, au cas par cas ;
les événements ont des lois mal connues mais ils se sont manifestés « assez » de fois pour que leur fréquence relative ait un sens. Alors les événements sont étudiés en fonction du temps, et en fonction de leurs conditions de manifestation. C’est l’approche statistique qui peut déboucher sur une modélisation probabiliste ;
enfin, les événements ont des lois « bien » connues et les agents de ces lois sont observables dans toutes leurs manifestations possibles. On peut donc probabiliser ces agents et ces lois. C’est l’approche déductive analytique, purement probabiliste.
Des situations mixtes peuvent exister et conduire à des méthodes mixtes prenant une forme purement déterministe avec, par exemple, des coefficients pondérateurs ou de sécurité.
Qu’apporte une formulation probabiliste ?
Elle donne des critères quantitatifs et objectifs de décision dans l’aménagement du territoire : jusqu’où...