Avec la collaboration de H. Foch, G. Fontès, G. Gandanegara, H. Piquet, R. Saisset, B. Sareni, C. Turpin
Chercheurs du groupe Énergie électrique et Systémique du LEEI
Les graphes de liens, plus connus sous leur appellation anglaise de « Bond Graph » (« BG ») ont été introduits par H. Paynter en 1961 et formalisés par Karnopp et Rosenberg en 1975. Cette méthodologie est entrée en Europe à la fin des années 1970 par les Pays-Bas (université de Twente), puis la France
via
la société Alsthom. L’outil « bond graph » est maintenant régulièrement utilisé dans de nombreuses entreprises, en particulier dans l’industrie automobile (PSA, Renault, Ford, Toyota, General Motors...), mais pénètre également l’aéronautique (Airbus) ou l’électrochimie (Hélion). À l’université, les BG sont de plus en plus communément enseignés, comme dans les INSA de Lyon et Toulouse, à l’École centrale de Lille ou à l’ENSEEIHT de Toulouse où se situe le groupe de recherche Énergie électrique et Systémique du LEEI.
Le
BG causal
est un outil interdisciplinaire par nature, véritable « esperanto » de la physique macroscopique et énergétique, puisqu’il repose sur une représentation unifiante, par analogie, des échanges de puissance quel que soit le domaine dans lequel on se situe.
Il offre une vision graphique très structurée, en ce sens qu’il établit des règles allant de la construction de modèles à leur mise en équation, ce qui permet de guider le concepteur dans la démarche souvent complexe de modélisation puis d’analyse. En tant que « modèle de conception », il est l’intermédiaire entre « modèles de connaissance » basés sur une représentation fine des phénomènes physiques (modèles types « calcul des champs »...) et « modèles comportementaux » orientés commande (modèles « boîte noire »). Il repose sur une représentation à constantes localisées des phénomènes de transferts énergétiques, pour lesquels il offre la possibilité d’évoluer progressivement vers une granularité (finesse de représentation) de plus en plus fine, selon les hypothèses simplificatrices consenties en regard des objectifs de conception. En ce sens, il permet de rechercher le « modèle juste assez précis » pour le niveau d’analyse visé (« chaque chose doit être aussi simple que possible mais non simpliste » selon A. Einstein).
L’importance primordiale des relations de cause à effet, graphiquement représentées dans le BG « causal », garantit l’assemblage cohérent d’éléments, révèle les couplages intervenant au sein du système et offre des possibilités intéressantes en termes d’analyse : cet ensemble...