Les installations nucléaires présentent des risques spécifiques dus aux rejets, en fonctionnement accidentel, de produits radioactifs dangereux dans l’environnement. La prise en compte de ces risques, lors de leur conception, est faite en s’appuyant sur le concept de défense en profondeur qui conduit à mettre en œuvre une série de lignes de défense indépendantes, de telle façon que le rejet de produits radioactifs ne puisse se produire que si l’on a une perte simultanée de plusieurs d’entre elles.
Les études probabilistes de sûreté visent à évaluer la fréquence annuelle de destruction de ces barrières ainsi que les rejets de produits radioactifs associés et leurs conséquences sur la population environnante.
Bien que les premières études aient été effectuées en Grande-Bretagne dans les années 60-70, le développement de cette technique a débuté avec l’étude dirigée par le Professeur Rasmussen et publiée en 1975
. Cette étude, commandée par l’Atomic Energy Commission (AEC) américaine, visait à comparer les risques encourus par la population du fait des réacteurs nucléaires avec les risques industriels et naturels. En fait, il est apparu rapidement que les domaines d’application de cette étude étaient beaucoup plus larges, car elle permettait d’apprécier les composantes élémentaires du risque, et mettait donc en évidence les points forts et les points faibles de la conception des réacteurs nucléaires étudiés.
Cette étude suscita à l’époque beaucoup de critiques, car elle remettait en cause partiellement certaines méthodes déterministes de conception. Cela conduisit la Nuclear Regulatory Commission (NRC) à demander au Professeur Lewis d’effectuer une expertise de cette étude
qui conclut que la méthodologie proposée était correcte, en estimant toutefois que les incertitudes étaient sous-évaluées, mais qu’en tout état de cause ce type d’étude était susceptible d’apporter des éléments importants d’appréciation de la sûreté.
En fait, ce n’est qu’après l’accident...