Les cellules photovoltaïques multijonctions représentent une évolution
majeure dans la technologie solaire, conçues pour maximiser l’efficacité
de conversion en exploitant différentes gammes du spectre lumineux.
Contrairement aux cellules à simple jonction, qui peuvent utiliser
une fraction moindre de l’énergie solaire, les architectures multijonctions
superposent plusieurs matériaux semi-conducteurs avec des bandes interdites
(ou
gaps
) complémentaires.
Après un historique des multijonctions et une description des
différents types de cellules/architectures, nous nous focaliserons
sur les architectures tandem pérovskite/silicium. Cette technologie
combine une cellule supérieure en matériau à large bande interdite
sur une cellule silicium standard, permettant d’exploiter plus efficacement
le spectre solaire en limitant les pertes par thermalisation. Cela
constitue l’une des approches les plus prometteuses pour dépasser
les limites du photovoltaïque conventionnel. Aujourd’hui, des records
d’efficacité de près de 35 % ont été atteints à une échelle laboratoire.
Les défis scientifiques et techniques restant à relever incluent l’optimisation
des interfaces, la mise à l’échelle industrielle, ainsi que la fiabilité,
facteur critique pour que la technologie soit viable à long terme.
Dans une dernière partie, nous aborderons la question de quelles
alternatives existent face aux architectures tandem sur silicium.
En effet, les architectures tandem en couches minces à base de matériaux
pérovskites représentent une stratégie innovante pour maximiser l’efficacité
photovoltaïque tout en conservant les avantages inhérents aux technologies
couches minces : flexibilité, légèreté et faible impact énergétique.