Cet article présente la notion de tableau de bord de gestion des
risques, sa méthodologie et ses principes de mise en œuvre. À l’aide
de nombreux exemples et éléments de retours d’expérience, nous fournissons
une vision illustrée de l’enjeu des tableaux de bord de gestion des
risques. Notons que la composante sectorielle est essentielle, mais
il faut aussi prendre en compte l’enjeu thématique de risques à couvrir
pour bien cerner la diversité des tableaux de bord de gestion des
risques.
Le tableau de bord de gestion des risques devient un incontournable
dans de nombreuses organisations : il s’intègre dans les revues d’activités
périodiques en comité de direction (les Business Review), il correspond
à une attente croissante des parties prenantes (autorités de contrôle,
investisseurs, dirigeants, managers opérationnels) et doit pouvoir
être adapté et ajusté aux interlocuteurs.
La conception d’un tableau de bord de gestion des risques suppose
de s’appuyer sur une batterie d’indicateurs. Il peut s’agir d’indicateurs
dédiés à la question des risques, incidents, contrôles, alertes ;
on parle alors d’indicateurs de risques (principaux risques à piloter
et leur degré de couverture par les éléments de maîtrise, taux de
remédiation des incidents, nombre d’incidents, coût du risque par
événement indésirable). Il faut aussi noter le fait que d’autres indicateurs
plus opérationnels ou de production peuvent également permettre de
connaître l’exposition aux risques passés, actuels, futurs. Les réclamations
clients, le taux de retour produits défaillants, le nombre de corrections
de vulnérabilités informatiques sont des exemples illustrant cet enjeu.
Le contexte de renforcement réglementaire dans de nombreux secteurs,
la présence d’autorités de contrôle variées, la médiatisation accrue
de certaines crises ou incidents rendent de plus en plus incontournable
la nécessité de disposer d’indicateurs de risques et de les suivre
périodiquement dans un tableau de bord dédié, présenté dans une instance
(comité des risques, comité d’audit, comité de direction par exemple).
Comme l’illustre un directeur risques d’une entreprise du CAC 40 interrogé
en 2025 : « Nous avons de plus en plus besoin de montrer la crédibilité
de notre système de gestion des risques, et pour cela, il faut des
éléments tangibles, du visuel, du concret, du comparable, de l’auditable,
de l’analytique. Le tableau de bord de gestion des risques répond
à cet enjeu. Il me permet de démontrer, comme le ferait des financiers
sur les ratios d’entreprise, que notre gestion des risques est préventive,
permet d’améliorer la sécurisation des processus. Il montre aussi
que l’on sait réagir et mesurer nos expositions aux risques pays,
risques logistiques, risques réputationnels ou encore risques financiers...