La gestion des risques semblerait être un sujet émergent, une préoccupation récente de nos organisations. Prenons-en pour preuve la récente parution, en janvier 2010, de la norme EN NF ISO 31000 consacrée au management du risque. Nous y reviendrons bien entendu par la suite (cf. paragraphe
4
).
Pourtant, de tout temps l’homme a été exposé à des risques, de tout temps l’activité humaine a généré des risques pour son environnement.
Dans les temps préhistoriques, les risques sont peu nombreux mais redoutables : prédateurs, maladies… Prévention et protection tiennent alors de l’instinct de conservation. Les civilisations antiques (Égypte, Grèce…) vont donner une véritable dimension politique au risque en organisant la prévention et la protection autour de finalités et d’objectifs. Puis, les Romains, pour unifier et rationaliser un espace d’influence immense et pluriculturel, vont instituer la codification et développer les réglementations, donnant en quelque sorte naissance aux notions de « norme » et de « conformité ». Plus tard, au XVIII
e
siècle, l’avènement de l’ère industrielle marque une rupture nette dans l’évolution des risques : ceux-ci se multiplient et changent de nature comme de dimension, liés à l’utilisation de nouvelles substances ou de nouvelles sources d’énergie, à la mécanisation ou à de nouveaux modes de déplacements. Pourtant, jusqu’aux années 1970, il nous semblera naturel que ces nouveaux risques méritent d’être courus, car les technologies et l’industrialisation apparaissent nécessaires à la prospérité de nos sociétés. Mais la succession de crises intervenues depuis lors et les mutations socio-économiques engagées vont modifier cette perception du progrès et des risques qui l’accompagnent.
Ces quarante dernières années, le contexte s’est considérablement complexifié et il semble bien illusoire d’envisager une identification exhaustive des risques, d’espérer en prévenir toutes les causes et d'en apprécier toutes les conséquences. Seule certitude, ces conséquences peuvent désormais atteindre une ampleur terrifiante : Bhopal, Mexico, Tchernobyl, Toulouse… Nous avons aussi commencé à appréhender...