Garantir les hommes et plus particulièrement les travailleurs contre toutes les menaces risquant d’atteindre leur vie, leur santé comme aussi leur bienêtre
est un souci pour les responsables de l’exploitation des usines. Cette préoccupation est devenue aussi celle des concepteurs et des constructeurs des installations
industrielles, ne serait-ce que par l’obligation de respecter les réglementations qui ont découlé de l’expérience acquise. L’intérêt qu’ils doivent y apporter dès le début des études et tout au long de leur déroulement, s’il ne simplifie pas leur tâche, est une condition aussi importante que celles qui leur sont plus familières pour la réussite économique et humaine des investissements.
La pratique s’est établie de distinguer en ce domaine :
d’une part, ce qui concerne plus particulièrement les
accidents du travail
dus par essence même à des causes souvent non permanentes et difficiles à prévoir. La notion de
sécurité
y a été, à plus ou moins juste titre, attachée ;
d’autre part, les nuisances à caractère plus permanent apportées par les produits manipulés, par les machines ou appareillages ou par les conditions physiques découlant de l’activité au poste de travail.
C’est ce second aspect que l’on a pris l’habitude de regrouper sous le terme d’
hygiène du travail
ou
hygiène industrielle
qui fait l’objet de cet article, confié à la compétence de l’INRS. Mise à jour de l’édition précédente (novembre 1990 ), il fait bien ressortir l’étendue et la complexité des principaux risques rencontrés dans l’industrie en décrivant la manière de les étudier, de les mesurer et de les prévenir. Ces exposés doivent permettre aux lecteurs non spécialistes de mieux situer les actions à mener, que ce soit pour les études de réalisation ou pour la période d’exploitation. La prise de conscience qu’ils pourront en retirer les incitera à faire intervenir en temps et en lieu opportuns les professionnels de l’hygiène industrielle ; elle leur fera mieux apprécier l’importance de leur rôle autant que les conséquences pratiques de leurs conseils ou prescriptions, notamment sur le plan financier, sur celui des délais et sur celui de la formation des hommes dans la construction et dans l’exploitation.
Il n’était pas possible dans le cadre de cet article de couvrir d’autres domaines que ceux qui sont directement liés à des causes ou effets chimiques, biologiques et physiques. Cette limitation ne doit cependant pas conduire à négliger des nuisances moins directes qui n’en sont pas pour autant secondaires....