La nécessité d’une science qui s’occuperait spécifiquement de
l’étude des mouvements indépendamment des causes qui les produisent
était vivement ressentie au début du XVIII
e
siècle. En
effet, il s’agissait de pouvoir expliquer le mouvement des machines,
de plus en plus complexes, en les décomposant en sous-ensembles, c’est‐à‐dire
qu’il s’agissait de créer une théorie des mécanismes. En 1794, la
création de l’École Polytechnique concrétisait dans l’enseignement
la naissance de cette nouvelle discipline. En 1808, Lanz et Bétancourt
publièrent l’
Essai sur la composition des machines
et, en 1813,
Lazare Carnot
La géométrie du mouvement
. Mais l’impulsion décisive
fut donnée par Ampère qui, après une critique profonde, publiait le
manifeste de la nouvelle science :
«
C’est à cette science, où les mouvements sont considérés
en eux-mêmes tels que nous les observons dans les corps qui nous environnent
et spécialement dans les appareils appelés machines, que j’ai donné
le nom
cinématique
(de
,
mouvement)
» (Essai sur la philosophie des sciences, 1830).
Les fondements mathématiques ne tardèrent pas à se développer.
D’ailleurs, certains résultats existaient déjà. Citons les principaux :
Descartes (1596-1650) : centre instantané de rotation (CIR)
dans le mouvement plan ;
Euler (1707-1783) : mouvement autour d’un point fixe, mouvement
plan, construction dite d’Euler-Sarary ;
D’Alembert (1717-1783) : mouvement autour d’un point fixe
(déplacement infinitésimal) ;
Jean Bernoulli (1667-1748) : centre instantané de rotation
(CIR) pour un mouvement plan ;
Cauchy (1789-1857) : courbe roulante dans le mouvement plan
(Descartes avait trouvé que le CIR était le point de contact) ;
Chasles (1793-1880) : le mouvement le plus général est un
mouvement hélicoïdal ;
Poinsot (1777-1859) : représentation d’un mouvement autour
d’un point fixe ;
Ampère (1775-1836) : création du mot cinématique ;
Coriolis (1792-1843) : composition des accélérations.
Dès lors, on a assisté à une séparation de la cinématique en cinématique
pure
...