Dans l’entreprise, aujourd’hui, il ne se passe pas une journée sans qu’un cadre n’ait à effectuer l’estimation de quelque chose :
au service commercial, on désirera avoir une idée des ventes possibles pour les trois mois à venir ;
au bureau des méthodes, on procédera à l’évaluation du temps de montage d’un ensemble complexe ;
au bureau des devis, on établira une offre, exprimée en temps et en valeur ;
au service des achats, on bâtira un plan d’approvisionnement et de stockage pour couvrir les besoins en matières et composants des périodes à venir ;
par ailleurs, on devra évaluer les investissements en matériels, les plans d’embauche ou de licenciement nécessaires à la réalisation d’un programme envisagé par la direction ;
etc.
Notons, également, que la prévision se situe en amont des techniques de calcul des besoins. À ce titre, elle est une étape incontournable dans la préparation des plans d’approvisionnement et des plans de charge des entreprises industrielles afin d’optimiser les flux. La prévision est notamment indispensable dans l’élaboration des méthodes d’ordonnancement telles que le MRP2 (management des ressources de production).
Malgré les difficultés, toutes ces actions doivent être conduites avec un minimum de risque d’erreur ; en effet, les conséquences des défauts en matière d’estimation prévisionnelle peuvent être graves voire dramatiques pour le fonctionnement de l’entreprise.
Par exemple, lors de l’élaboration d’un devis constituant la base d’une offre à un client, une sous-estimation du temps et du coût entraînera une perte après réalisation mais une surestimation risquera de vous ôter toute compétitivité. De même dans l’établissement d’un plan d’approvisionnement, une prévision trop forte des consommations futures engendrera un stock, alors qu’une prévision trop faible pourra se traduire par des ruptures dans l’avenir. Au niveau du management général, les erreurs de prévision dans la mise en place des infrastruc-tures et des plans d’embauche ou de licenciement du personnel risquent d’orienter l’entreprise dans la mauvaise direction pour les cinq à dix ans à venir.
Ajoutons que ce problème devient de nos jours de plus en plus délicat car ce contexte industriel et économique fait que nous sommes plongés dans un univers aléatoire ou rien n’est acquis même lorsque les facteurs influents semblent connus et maîtrisés.
Dans ces conditions on peut adopter deux attitudes :