La norme NF EN 13306 (juin 2001) définit la maintenance comme étant « l’ensemble des mesures techniques, administratives et de gestion, ayant pour objet de maintenir un bien, ou de le rétablir, dans un état où il est en mesure de remplir sa fonction requise ». La même norme définit la fonction requise comme « fonction, ou ensemble de fonctions, d’un bien considérée comme nécessaire pour fournir un service donné ». Cette définition ne le dit certes pas explicitement, mais on imagine difficilement comment la définition de la fonction requise pourrait ne pas inclure la protection des personnes et des biens ainsi que celle de l’environnement. La mise en service d’un bien dont le fonctionnement normal ne respecterait pas ces conditions équivaudrait à la mise en danger de la vie d’autrui, ce qui constitue un délit poursuivi par la loi. Or l’inévitable dégradation des caractéristiques d’un bien, liée à son fonctionnement, ou même au simple passage du temps, va nuire à la bonne exécution de la fonction requise, et notamment à son aspect sécurité. Le risque de mise en danger des personnes et des biens, et de dommages à l’environnement va donc augmenter parallèlement à cette dégradation. La maintenance, en rétablissant le bien dans l’état dans lequel il peut remplir sa fonction requise, rétablit donc aussi les conditions de sécurité auxquelles il est astreint dans l’exécution de cette fonction requise.
On voit que les retombées de la maintenance sur le fonctionnement de l’entreprise ne se limitent donc pas à assurer le bon fonctionnement du bien considéré. La maintenance, en conservant un bon niveau de sécurité du bien, est un élément de
sécurité du travail
pour les opérateurs (mais nous verrons aussi que les agents de maintenance travaillent dans des conditions de sécurité qui ne sont pas toujours optimales, pour des raisons inhérentes à la nature même des travaux de maintenance). Nous verrons aussi qu’une bonne maintenance est un facteur efficace de
protection de l’environnement
. On voit qu’il s’agit de risques assumés par l’entreprise (dommages à l’outil de travail, pertes de production, accidents du travail, dommages aux tiers et à l’environnement). Nous verrons que lorsque ces divers risques se matérialisent sous forme d’accidents, ces accidents peuvent entraîner des dépenses importantes, qui atteignent dans certains cas des montants gigantesques. Nous examinerons aussi une notion que nous désignons par le mot «
sûreté
» qui représente la protection d’un bien contre des tentatives de dégradation ou de destruction par des personnes malveillantes ou hostiles. Ceci nous conduira à examiner les
contrats d’assurance
souscrits par...