L’emploi des alliages d’aluminium s’est développé en raison de
leur légèreté et de leur résistance aux phénomènes de corrosion. Cependant
l’aluminium pur et les alliages très faiblement alliés restent très
malléables et ont une résistance mécanique limitée.
Le développement industriel de ces alliages a donc nécessité l’amélioration
des propriétés mécaniques du matériau aluminium (résistance à la traction,
résistance à la fatigue...). Ainsi, après la mise au point du procédé
métallurgique Hall-Héroult à la fin XIX
e
siècle, l’aluminium
est devenu un métal d’intérêt avec la publication du brevet allemand
d’Alfred Wilm en 1909 sur les alliages Al-Cu-Mg, appelés « Duralumin »,
qui a marqué le début du développement des alliages d’aluminium à
hautes résistances mécaniques, comparables à celles d’aciers au carbone
faiblement alliés. Ces alliages ont été rapidement utilisés dans le
domaine de la construction mécanique et des transports, notamment
dans le domaine aéronautique.
Cependant, dès les années 1920-1930, des problèmes de détérioration
des alliages Al-Cu-Mg utilisés dans l’aéronautique ont été rapidement
détectés par le National Advisory Committee for Aeronautics (NACA)
aux États-Unis (devenu National Aeronautics and Space Administration
– NASA – en 1958). En effet, l’ajout d’éléments d’alliages dans l’aluminium
entraîne la formation de phases intermétalliques et diminue drastiquement
la résistance à la corrosion de l’aluminium. Des traitements de surface
anticorrosion à base de chromates, déjà utilisés sur les aciers, puis
des traitements d’anodisation ont alors été appliqués avec succès
sur les alliages d’aluminium pour améliorer leur durée de vie.
Actuellement, de nombreux traitements anticorrosion permettent
d’utiliser les alliages d’aluminium dans des atmosphères industrielles
très corrosives (riche en SO
2
, NaCl dans l’industrie des
transport), ou au contact de milieux acides ou oxydants (solutions
désinfectantes, acides dans l’industrie agroalimentaire…).
Depuis le début des années 2000, la réglementation européenne
sur l’utilisation de produits chimiques (règlement REACH : Registration,
Evaluation and Authorisation of Chemicals) et les normes sur les rejets
des effluents industriels nécessitent la recherche de nouveaux traitements
de surface à base de produits non toxiques (sans chrome(VI)) et sans
cations métalliques lourds (comme l’ion Ni
2+
). Cela impose
également d’intensifier les procédés afin de réduire les effluents
aqueux puis de traiter les effluents restants, ce qui augmente la
complexité et les coûts de production. Parallèlement, la demande de
revêtements multifonctionnels...