Matériaux ferroélectriques - Propriétés, mise en œuvre et perspectives

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E1870 V3 Article de référence

Matériaux ferroélectriques - Propriétés, mise en œuvre et perspectives

Auteur(s) : Mario MAGLIONE, Catherine ELISSALDE

Date de publication : 10 décembre 2020 | Read in english

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RÉSUMÉ

Les matériaux ferroélectriques trouvent de nombreuses applications sous forme de condensateurs en électronique, de générateurs et de capteurs piézoélectriques, de cristaux pour l’optique non linéaire. Ces applications résultent de leurs propriétés très spécifiques rappelées en début d'article. Les problématiques actuelles autour de leur synthèse et de leur mise en forme résultent principalement de l’intégration attendue et toujours plus poussée. Cette dernière implique la réduction de la taille des matériaux et donc des conséquences très importantes sur les fonctionnalités des ferroélectriques.

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AUTEUR(S)

  • Mario MAGLIONE : Directeur de Recherche - ICMCB, CNRS Université Bordeaux, Pessac, France

  • Catherine ELISSALDE : Directeur de Recherche - ICMCB, CNRS Université Bordeaux, Pessac, France - Cet article est la version actualisée de l’article  [E 1 870] intitulé « Ferroélectricité », rédigé par Geneviève Godefroy et paru en 1996.

 INTRODUCTION

Anticipée pendant des décennies à la fin du XIX e  siècle, la ferroélectricité a été formellement découverte en 1920. Par analogie avec les ferromagnétiques et bien qu’ils contiennent rarement du fer, les composés possédant une polarisation spontanée renversable par un champ électrique ont été qualifiés de ferroélectriques . La permittivité diélectrique des ferroélectriques est de l’ordre de plusieurs milliers, c’est-à-dire au moins cent fois supérieure à tous les autres isolants (polymères, oxydes, nitrures…). Ces composés sont donc utilisés pour la réalisation de condensateurs à haute densité, une application pour laquelle ils sont incontournables. Cependant, cette très haute permittivité ne signifie pas que les ferroélectriques sont parfaits sous tout rapport. En effet, leur très haute polarisabilité s’accompagne de pertes diélectriques pouvant atteindre des valeurs de plusieurs pour cent, incompatibles avec certaines applications en particulier aux hautes fréquences. Le premier challenge est de contrecarrer ces pertes, soit par une approche physicochimique, soit en développant des stratégies de science des matériaux (céramiques, composites, interfaces…).

Toutes les autres fonctionnalités des ferroélectriques résultent du fait que leur polarisation dépend très fortement des contraintes extérieures. Suivant la nature de ces contraintes, des effets exceptionnels sont obtenus et différentes applications sont possibles :

  • pyroélectriques sous changement de température ; ce qui permet la réalisation de capteurs thermiques en particulier détecteurs infra-rouges ;

  • piézoélectriques sous contrainte mécanique ; ce couplage est largement utilisé dans les capteurs ultrasonores (imagerie médicale), dans les communications sous-marines (sonar), dans les actuateurs (dispositifs de déplacements régulés) et dans la récupération d’énergie (transformation de vibrations en énergie électrique) ;

  • adaptatifs sous champ électrique ; cet effet trouve des applications dans de multiples gammes de fréquences notamment aux fréquences gigahertz pour des dispositifs de télécommunications accordables (déphaseurs, résonateurs, antennes), en optique pour des modulateurs électro-optiques ou des générateurs d’harmonique dans les lasers. Dans ce dernier cas, c’est le champ électrique de l’onde lumineuse qui induit le stress nécessaire au changement de l’indice optique.

Pour toutes les applications dites non linéaires (la réponse dépend de la contrainte), l’ampleur de la contrainte appliquée impose un contrôle accru...

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MOTS-CLÉS

microstructure   |   permittivité   |   pérovskite

VERSIONS

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DOI (DIGITAL OBJECT IDENTIFIER)

https://doi.org/10.51257/a-v3-e1870

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