La science des matériaux a toujours été une préoccupation majeure
de notre humanité. Parmi les différents états de la matière (gaz,
liquide, solide), l’état solide, et plus particulièrement l’état solide
cristallisé, a procuré très tôt aux scientifiques un large champ d’investigations,
aboutissant à de fructueux résultats.
En effet, le milieu cristallin, caractérisé par la répétition
périodique et ordonnée d’un motif identique constitué d’ions, d’atomes
ou de molécules, présente alors des propriétés de symétrie intéressantes
dans l’espace (symétrie du réseau cristallin). Ces propriétés de symétrie
permettent une simplification relative de la compréhension des phénomènes
collectifs dans le milieu cristallin et aussi une modélisation plus
aisée de ses propriétés physiques. L’illustration de ces avantages
peut être trouvée à la fois dans les études de structure cristallographique
(article
Cristallographie géométrique
dans la présente rubrique)
et de structure électronique (article
Structure électronique des
solides
dans la présente rubrique).
Cependant, tout solide est terminé par une surface qui délimite
son volume. Le rôle de cette surface est primordial puisqu’elle régit
les interactions du milieu environnant avec le solide. Elle est d’autant
plus importante lorsque le rapport surface / volume d’un matériau
donné est grand. C’est le cas par exemple des agrégats, des petites
particules constituées de quelques atomes métalliques utilisées en
catalyse, des couches ultraminces utilisées en revêtement optique,
en couche de passivation ou de protection, en microélectronique, etc.
Or, la surface d’un solide présente un arrangement du motif d’ions,
d’atomes ou de molécules sérieusement perturbé par rapport à l’arrangement
périodique situé à l’intérieur de la masse du solide. De plus, suivant
la direction perpendiculaire à la surface, on assiste à une perte
de symétrie de translation. Les propriétés physiques de la surface
d’un cristal se trouvent alors fortement modifiées comparées aux propriétés
volumiques. Cette modification concerne à la fois la structure cristallographique
(article
Surface des solides. Physisorption. Chimisorption. Ségrégation
[A 244]
) et la structure
électronique de surface qui fait l’objet de cet article.
La compréhension des...