Ala fin de l’année 2001, MPLS (MultiProtocol Label Switching) est le sujet d’un grand nombre d’articles et de conférences, mais il est aussi l’objet d’un nombre croissant d’annonces de la part des constructeurs de matériel réseau. À l’heure où les premiers services commerciaux s’appuyant sur un cœur de réseau MPLS/IP apparaissent, l’intérêt de la technologie semble démontré par leur bon fonctionnement. Il reste nécessaire de bien comprendre MPLS pour être capable de faire la part des choses. C’est pourquoi, au-delà des effets de mode, les motivations ayant présidé à la définition de MPLS et les réels apports de MPLS et des technologies associées dans les cœurs de réseaux modernes doivent être compris.
Le principe premier de la commutation de labels est de remplacer les traitements longs et complexes associés au relayage de paquets IP par un traitement plus simple. Si l’on considère un autre point de vue, l’objectif est d’utiliser la signalisation IP pour contrôler des réseaux à commutation de circuits et permettre ainsi l’intégration de différentes technologies de commutation de niveau 2 dans un même cœur de réseau. Dans un réseau IP classique, chaque routeur décide, en fonction de l’adresse de destination contenue dans l’en-tête d’un paquet, si celui-ci est destiné à un des sous-réseaux directement connectés ou, dans le cas contraire, vers quel routeur voisin il doit faire suivre le paquet. Pour prendre cette décision, il utilise le contenu de sa table de routage, laquelle est construite par les protocoles de routage. Cette table associe à des adresses de réseaux et de sous-réseaux, ou plus généralement à des préfixes d’adresses IP, le prochain routeur sur le chemin menant vers le réseau de destination. Ce préfixe pouvant être de longueur variable et l’ordre n’étant pas imposé dans la table de routage, le routeur doit examiner l’ensemble de la table de routage pour décider quelle est l’entrée de la table qui correspond le mieux à l’adresse de destination du paquet. Ce traitement est relativement coûteux du fait de la taille sans cesse croissante des tables de routage du cœur de l’Internet (environ 100 000 entrées en 2001).
La
commutation de labels
permet de réduire fortement le coût de cette recherche dans la mesure où elle n’est plus effectuée dans les équipements du cœur de réseau. En fait, chaque équipement interne au cœur de réseau effectue une seule fois la recherche au moment de la création du chemin. Pour cela, un label est ajouté dans chaque paquet par les routeurs en frontière du domaine. Ceux-ci peuvent choisir le label en fonction de différents critères parmi lesquels on retrouve généralement l’adresse de destination du paquet. Les décisions de relayage par les équipements dans le cœur du réseau se font sur...