Depuis plus d’un siècle, le raccordement au réseau téléphonique se base sur l’emploi de paires de cuivre torsadées. Le milieu des années 1960 coïncide avec l’invention de la fibre optique mais ce n’est qu’avec le développement des lasers à semi-conducteurs et l’amélioration constante des procédés de fabrication, au milieu des années 1980, que la fibre optique commence à présenter un intérêt pratique pour la transmission des signaux sur grandes distances. En 1984, l’atténuation linéique de la fibre optique descend à 0,2 dB/km et permet le transport d’un seul mode de propagation lui valant l’appellation de
fibre optique monomode
. Pour rappel, à ses débuts, la fibre optique présentait une atténuation, de l’ordre de 1 000 dB/km, et revêtait un caractère
multimode
limitant fortement la portée maximale de transmission. Comparée aux autres supports de transmission existants, la fibre optique monomode présente une atténuation très faible et quasiment constante sur une large plage de fréquences. Elle dispose d’une bande passante gigantesque permettant la transmission de débits numériques très élevés, de l’ordre de plusieurs terabits par seconde. À la fin des années 1980, la fibre optique semblait constituer le médium de transmission idéal pour le transport simultané de la voix, des données et de la vidéo jusqu’à l’abonné final. Cependant, des progrès significatifs ont été réalisés depuis dans les techniques de traitement des signaux ainsi que dans les algorithmes de compression de la vidéo permettant de repousser sans cesse les limites de transmission des paires de cuivre torsadées.
La dernière décennie de ce XX
e
siècle aura coïncidé avec l’avènement d’Internet qui est même venu supplanter le trafic de la voix en matière de volume de données échangées. L’explosion du nombre d’utilisateurs connectés au réseau mondial a clairement mis en évidence les limitations des réseaux actuels, essentiellement basés sur le réseau téléphonique analogique et sur l’accès numérique (RNIS). Le réseau des réseaux a développé de nouveaux services (commerce électronique, vidéo sur demande, téléconférence, Internet ultrarapide, apprentissage à distance, ...) requérant de hauts débits de transmission que ne pourront fournir les traditionnelles paires de cuivre.
Les systèmes basés sur l’emploi de fibres optiques à haute capacité sont devenus très fréquents dans les
réseaux de transport
, où le multiplexage et la concentration permettent un partage de l’infrastructure parmi les nombreux utilisateurs. Dans les réseaux d’accès, leur déploiement est d’autant plus difficile qu’il est absolument nécessaire de fournir une ligne dédiée...