Info du jour

Après les voitures électriques, la Chine veut aussi conquérir le marché des bornes de recharge

Posté le 9 octobre 2026
par La rédaction
dans Énergie

Après avoir investi le marché européen des véhicules électriques, les industriels chinois s’intéressent désormais aux infrastructures de recharge. Leur arrivée sur un marché déjà occupé par de nombreux opérateurs européens ouvre une nouvelle phase de concurrence, notamment sur les technologies de recharge ultrarapide.

Le développement des bornes de recharge électrique en France attire de nouveaux acteurs industriels. Au 31 août 2026, le territoire comptait 200 926 points de recharge accessibles au public, en progression de 13 % sur un an. La croissance du réseau s’accompagne d’une utilisation plus intensive des infrastructures, chaque point de recharge étant utilisé en moyenne 39 fois par mois.

Qu’est-ce qui préside au déploiement d’une IRVE ?

Recharge des véhicules électriques légers

Consultez l’extrait gratuit

C’est dans ce contexte que les fabricants chinois commencent à renforcer leur présence sur le marché européen. Déjà très actif dans la production de batteries et de véhicules électriques, BYD développe désormais ses propres infrastructures de recharge. Le constructeur a annoncé en mars 2026 l’introduction en Europe de sa technologie Flash Charging, avec des bornes capables de délivrer une puissance maximale de 1 500 kilowatts (kW).

Cette technologie est associée à la nouvelle génération de batteries Blade 2.0. Sur le modèle Denza Z9GT, elle permettrait de passer de 10 à 70 % de charge en cinq minutes et d’atteindre 97 % en neuf minutes, dans les conditions annoncées par le constructeur.

Les industriels chinois misent sur la recharge à très haute puissance

Le déploiement européen a franchi une première étape avec l’installation d’une station Flash Charging en Allemagne, entrée en service en mai 2026. BYD affiche également l’ambition de déployer 3 000 sites de recharge ultrarapide à travers l’Europe d’ici fin 2026.

Cette montée en puissance représente un changement technologique important. Les équipements capables de délivrer plus d’un mégawatt nécessitent une électronique de puissance adaptée, une gestion thermique performante et une infrastructure électrique suffisamment dimensionnée. La puissance effectivement reçue dépend toutefois des caractéristiques du véhicule et de sa batterie, et non de la seule capacité de la borne.

L’expansion chinoise ne se limite pas aux constructeurs automobiles. Spécialiste des équipements électriques, StarCharge développe une stratégie européenne reposant sur des partenariats industriels. Le fabricant chinois a annoncé le 29 septembre 2026 la constitution d’une coentreprise avec le groupe français Schneider Electric.

Cette structure doit associer les technologies de recharge et de stockage d’énergie de StarCharge aux compétences de Schneider Electric dans la gestion énergétique et la distribution électrique. Elle vise notamment les bornes en courant alternatif (AC), les chargeurs en courant continu (DC), les onduleurs photovoltaïques et les systèmes de stockage destinés au marché européen.

Les industriels français privilégient la fiabilité et les services

Face à cette concurrence, les industriels français disposent de plusieurs positions sur la chaîne de valeur, de la fabrication des bornes à leur exploitation.

Le groupe DBT, implanté dans les Hauts-de-France, a engagé un recentrage sur les bornes rapides et ultrarapides de sa gamme Milestone. Cette stratégie privilégie les équipements à plus forte valeur ajoutée, dans un environnement marqué par une concurrence accrue des pays à faibles coûts de production. Le groupe développe parallèlement son réseau de recharge R3 et ses prestations de maintenance.

Autre fabricant français, IES Synergy mise sur son expertise en conversion de puissance et sur la modularité de ses équipements. L’entreprise montpelliéraine propose notamment des bornes allant jusqu’à 500 kW, destinées aux infrastructures publiques, aux entreprises et à la mobilité lourde.

La concurrence concerne aussi l’exploitation des stations. L’opérateur français Electra poursuit son développement européen en proposant des bornes pouvant atteindre 600 kW. Son positionnement repose notamment sur l’accessibilité des stations, la simplicité du paiement et les services numériques.

L’arrivée des industriels chinois pose ainsi une double question pour la filière française. La première concerne sa capacité à suivre l’évolution des puissances de recharge. La seconde porte sur la maîtrise industrielle des équipements et des services associés. Entre innovations technologiques, partenariats internationaux et fabrication locale, le marché européen des bornes de recharge pourrait connaître une recomposition, dont l’ampleur dépendra des déploiements effectifs et de leur rentabilité.


Pour aller plus loin