Au premier semestre 2026, les ventes de véhicules électriques à batterie ont progressé de 34 % en Europe. La flambée des prix des carburants liée aux tensions géopolitiques donne un nouvel élan à l’électrification du marché automobile. Les aides publiques et les remises commerciales accordées par les constructeurs face à la concurrence accrue des marques chinoises renforcent cette dynamique.
Le marché automobile mondial retrouve de l’élan, d’après la dernière note de conjoncture trimestrielle publiée par l’IFP Energies nouvelles. Après un début d’année difficile, les ventes de véhicules légers ont rebondi au deuxième trimestre, avec plus de 23 millions d’unités écoulées. Sur les six premiers mois de l’année, elles progressent de 2,5 %. L’Europe figure parmi les principaux moteurs de cette reprise, avec une hausse de 6 % au deuxième trimestre, tandis que les autres marchés internationaux progressent de 15 %. Une performance qui contraste avec la situation des États-Unis, où les ventes reculent de 2,6 %, et avec celle de la Chine, en baisse de 5,3 % sur le semestre.
Sur le Vieux Continent, le marché des véhicules légers a enregistré en juin son cinquième mois consécutif de croissance (+ 10 % sur un an). Derrière cette progression européenne se cache toutefois une réalité plus complexe. La hausse des ventes ne traduit pas un redémarrage généralisé de la demande automobile. Elle repose principalement sur l’accélération des ventes de véhicules électriques à batterie, qui ont bondi de 34 % au premier semestre. Dans le même temps, celles de véhicules thermiques ont reculé de 3 %. L’électrification constitue ainsi le principal moteur de la croissance du marché européen.
Selon IFPEN, un facteur conjoncturel est venu renforcer cette dynamique : la forte hausse des prix des carburants. Au deuxième trimestre, le prix moyen du Brent s’est établi à 84 euros le baril, en hausse de 41 % sur un an. Les perturbations de l’offre au Moyen-Orient et les tensions sur les infrastructures énergétiques russes, ont contribué à faire progresser les prix des produits pétroliers à la pompe.
Cette flambée renforce l’intérêt économique des véhicules électrifiés. En tenant compte du rendement des moteurs et donc de l’énergie réellement utilisée pour déplacer le véhicule, l’écart entre le coût de l’essence et celui de l’électricité s’est fortement creusé. En France, il atteint 284 %, ce qui signifie que rouler à l’essence coûte près de quatre fois plus cher qu’avec un véhicule électrique rechargé à domicile.
L’électrique porté par les aides et la concurrence
La hausse du prix des carburants n’explique toutefois pas à elle seule l’accélération du marché électrique. Elle intervient alors que plusieurs pays européens soutiennent l’achat de véhicules électriques. En France et en Allemagne notamment, les dispositifs publics d’incitation ont contribué à renforcer la demande. Cette combinaison entre un coût d’usage plus favorable pour l’électrique et des aides à l’achat a accéléré la transformation du marché.
Les constructeurs eux-mêmes participent à cette dynamique. Face à une reprise encore fragile et à l’intensification de la concurrence, ils continuent de baisser leurs prix et d’accorder des remises commerciales sur leurs modèles électriques. L’objectif est notamment de rendre ces véhicules plus accessibles alors qu’ils restent généralement plus chers à l’achat que leurs équivalents thermiques en Europe.
Cette pression commerciale s’inscrit aussi dans un contexte de montée en puissance des constructeurs chinois. Leur présence progresse rapidement sur le marché européen, principalement grâce à leur offre électrique. BYD, MG et Leapmotor enregistrent notamment une forte croissance de leurs ventes. En deux ans et demi, la part de marché des constructeurs chinois en Europe serait ainsi passée de 4,7 % à 10,6 %, avec une accélération particulièrement marquée depuis la fin de 2025.
La France illustre particulièrement bien cette mutation du marché vers l’électrique. Les immatriculations de voitures particulières ont augmenté de 1,6 % au premier semestre. Mais les ventes de véhicules électriques ont progressé de 62 %, passant d’environ 150 000 unités sur les six premiers mois de 2025 à près de 245 000 un an plus tard. Dans le même temps, la part des motorisations thermiques est tombée à 61 % au deuxième trimestre, contre 72 % un an auparavant.
Le phénomène devrait se poursuivre selon l’IFPEN. L’institut prévoit une stabilisation du marché européen autour de 16 à 17 millions de véhicules légers vendus par an, mais avec une part croissante des véhicules électriques. Celle-ci pourrait atteindre 37 % en 2027, contre 31 % cette année. À l’échelle mondiale, le taux d’électrification devrait lui-même passer de 28 % en 2026 à près de 33 % en 2027.






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