Depuis quelques années, en France comme dans le monde, l’électrification du parc automobile connaît une croissance accélérée. Cela répond aux besoins de décarboner massivement l’économie, et se réalise sous la pression conjointe des réglementations et des attentes du public. Il est clair que le véhicule électrique élimine de fait les émissions de la combustion en phase d’usage, mais constitue-t-il pour autant une solution crédible pour la mobilité décarbonée ? En d’autres termes, le véhicule électrique apporte-t-il un véritable bénéfice environnemental ? Et si oui, est-ce bien vrai dans tous les contextes ? Y aurait-il des arbitrages selon les impacts considérés ?
L’analyse de cycle de vie (ACV) est l’outil idéal pour traiter ces questions. Et réciproquement, l’exemple des véhicules électriques est souvent utilisé pour expliquer au grand public les fondements de l’ACV, avec les transferts d’impacts entre étapes du cycle de vie : un véhicule « zéro émission » certes à l’usage, mais pour lequel il faut bien produire l’électricité pour l’alimenter, et en amont des batteries qu’il faudra recycler en fin de vie. Ce cas d’école simple et connu de tous permet d’illustrer parfaitement la notion de « cycle de vie », dont la prise en compte intégrale, de l’extrême amont jusqu’à l’extrême aval, permet seule de poser un diagnostic valide sur l’impact environnemental du véhicule, et de le comparer sur une base fiable avec d’autres types de véhicules, qu’ils soient thermiques, hybrides ou à hydrogène…
Le sujet intéresse également les pouvoirs publics, les professionnels et les experts, prenons en pour preuve la large littérature disponible sur le sujet, sur tous les continents. En France, l’Ademe, soucieuse d’éclairer les choix du gouvernement, a ainsi commandé une étude d’ACV comparative de véhicules électriques et de véhicules thermiques, publiée en 2013