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Établir une base dans l’espace grâce à l’impression 3D !

Posté le 11 octobre 2015
par La rédaction
dans Informatique et Numérique

Plutôt que d'acheminer des matériaux lourds ou des pans de construction sur la Lune, sur Mars ou d'autres planètes, la Nasa compte construire des abris sur place. Avec des imprimantes 3D ultra-performantes

Fonder une colonie hors de la Terre, une idée plus que jamais d’actualité ? Oui ! Et sur Mars si possible, surtout depuis l’annonce de la présence d’eau liquide sur la planète rouge. Tous veulent s’y rendre : la Nasa, le milliardaire américain Elon Musk, l’organisation privée Mars Polar ou encore le néerlandais Bas Lansdorp avec son projet Mars One mêlant mission habitée et téléréalité. On croirait presque qu’un voyage est prévu pour demain. À tel point qu’à Las Vegas on pronostique, on lance des paris sur celui qui sera le premier à fouler Mars. À ce jeu, il semblerait que SpaceX ait l’avantage.

Les technologies continuent d’évoluer et permettent d’élaborer de nouveaux scénarios. En l’occurrence, c’est l’avancée de l’impression 3D qui fait le plus spéculer. Il ne se passe en effet pas une semaine sans que l’on entende parler de ses exploits. Dans le domaine du bâtiment par exemple, le chinois Win Su s’est récemment distingué en construisant un immeuble de six étages par impression 3D. Du coup, les chercheurs n’ont plus qu’une idée en tête : fabriquer sur place en s’appuyant sur les ressources locales (le fer notamment) et transporter le moins possible de matériaux. Il faut dire que le prix d’un kilo à véhiculer reste très élevé malgré l’arrivée de nouveaux concurrents sur le marché de l’aérospatial (SpaceX en tête). À titre indicatif, un kilo envoyé à l’ISS revient à 4 750 dollars.

Inventer la maison martienne de demain

Se servir des matériaux locaux pour construire une base viable dans l’espace, sur la Lune ou sur Mars, c’est donc l’idée qui trône dans toutes les têtes. C’est aussi le défi que semble s’être imposé la Nasa, qui souhaite offrir, dès 2030, une base aux futurs colons. L’agence gouvernementale américaine a, dans cette logique, lancé mi-mai le concours Habitat imprimé en 3D (3DPHab) afin que soit imaginée puis élue la maison martienne type. Le design architectural, l’habitabilité et la fonctionnalité étaient au coeur des préoccupations.

À la suite de cet appel à projets, de nombreuses candidatures ont abondé. Parmi elles, celle de la société française de conseil et maîtrise d’oeuvre en impression 3D Fabulous, et son projet baptisé Sfero, réunion joyeuse de « sphère, fer et eau ».

La start-up voulait créer un habitat sphérique de 80 m² ressemblant quelque peu à un champignon en utilisant le fer et l’eau présents sur Mars. Sur les plans, on peut voir que le haut de l’habitation est une sphère à l’air libre tandis que le pied est enterré; le tout enrobant un mât télescopique de huit mètres de haut. Évidemment, pour la construire, Fabulous misait sur la fabrication additive. Le projet n’a toutefois pas été retenu puisque seuls les projets américains pouvaient aller plus loin dans le concours. Ce n’était que pour montrer le savoir-faire français en matière d’impression 3D.

Les propositions des trois finalistes :

La première phase du concours aujourd’hui terminée, trois projets sont encore en lice sur les 165 de départ. Dans le haut du panier, on trouve l’équipe de SEArch/Clouds Architecture Office qui a tenu compte des conditions météorologiques qui règnent sur Mars (la température y est à -65°C en moyenne) en proposant une maison de glace, ou ce que l’on pourrait appeler un igloo de neige. L’équipe a reçu 25 000 dollars pour son projet « Ice House ».

En seconde position arrive l’équipe Gamma, récompensée pour son idée originale d’abris « gonflables ». D’après leur présentation, Gamma compte faire atterrir plusieurs modules à la surface de Mars. Ces derniers sont ensuite censés se déployer, certains pour former les habitations, d’autres pour construire un mur de protection tout autour à partir du régolithe (poussière fortement chargée en rayons solaires).

Enfin, en troisième position, le projet de LavaHive se démarque par sa volonté d’utiliser des matériaux recyclés pour concevoir les habitations, en plus de modules gonflables. L’équipe aspire également à exploiter le régolithe, en le chauffant puis en le faisant couler, pour former des couloirs de communication entre les dômes.

La prochaine étape, désormais, consiste pour ces équipes à construire en taille réelle ces habitats. Ou en tout cas à réfléchir aux contraintes techniques qu’elles pourraient rencontrer. Le gagnant empochera la bagatelle d’1,1 million de dollars.

Par Sébastien Tribot

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