L’étude, réalisée par des scientifiques à la demande de la Commission Océan mondial, une organisation indépendante notamment portée par l’ONG Pew, identifie quinze services rendus à l’homme par la haute mer, ces zones océaniques situées au-delà des zones économiques exclusives (ZEE) nationales.
Ces services ont trait à l’approvisionnement de l’humanité (poissons, ressources génétiques), à la régulation de l’environnement (purification de l’air, séquestration du carbone), à la protection du patrimoine génétique ou plus simplement aux loisirs, souligne cette organisation.
En termes de régulation climatique, les écosystèmes de la haute mer, qui couvre 64% de la surface globale des océans, séquestreraient ainsi environ 500 millions de tonnes de carbone chaque année, soit l’équivalent de plus de 1,5 milliard de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) retiré de l’atmosphère.
Les océans séquestrent le carbone notamment à travers sa « fixation » par le phytoplancton sous forme de photosynthèse.
En se basant sur la valeur donnée par l’administration américaine au « coût social » du carbone — c’est-à-dire à l’évaluation du coût qu’aurait l’émission d’une tonne additionnelle de carbone, par exemple sur le secteur agricole –, l’étude chiffre entre 74 et 222 milliards de dollars par an la valeur du service ainsi rendu par la haute mer pour notre climat.
« Cette étude rend visible l’invisible et nous pouvons désormais voir et évaluer de façon plus claire ce que nous risquons de perdre si nous ne prenons pas de mesures pour protéger la haute mer », souligne dans un communiqué Trevor Manuel, co-président de cette organisation.
En matière de pêche, l’étude estime que près de « 10 millions de tonnes de poisson sont pêchées chaque année en zones de haute mer, générant plus de 16 milliards de dollars au débarquement ».
Toutefois, selon ses auteurs, les professeurs Alex Rogers du Somerville College de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) et Rashid Sumaila de l’Université de Colombie-Britannique (Canada), ce chiffre ne résume pas la valeur de la haute mer pour le secteur de la pêche, étant donné le rôle important de ces zones pour « le maintien et la reconstitution » des populations de poissons capturées sur les côtes.
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