Interview

« Un ingénieur ne doit pas se couper des réalités du terrain »

Posté le 4 mai 2011
par La rédaction
dans Entreprises et marchés

Marie Langlois, ingénieur qualité au sein d'une grande entreprise française du secteur agroalimentaire, évoque pour Instantanés Techniques son métier : ingénieur qualité.

Instantanés Techniques : Décrivez-nous votre parcours de formation.

Marie Langlois : J’ai effectué trois ans d’études au sein de l’ENESAD (Ecole nationale d’enseignement supérieur en agriculture de Dijon). Durant cette période, j’ai effectué des stages, dont deux m’ont permis de mieux appréhender les tenants et les aboutissants des missions que j’ai en charge aujourd’hui.

Quel sont les missions récurrentes qui sont les vôtres aujourd’hui, professionnellement ?

Je suis ingénieur qualité depuis un an. Je distinguerai deux types de missions : tout d’abord les missions opérationnelles. A côté de cela, il y a aussi des missions plus administratives, voire théoriques.

Qu’entendez-vous par missions opérationnelles ?

Le premier point est la mise en place d’une politique qualité, dans le cadre de démarches HACCP. Concrètement, j’ai pour charge de regrouper, dans un guide de bonnes pratiques, le détail des normes que nous demandons à nos sites de production (plus particulièrement à nos employés) de respecter scrupuleusement. Dans le cadre des référencements fournisseurs, il m’incombe de m’assurer du bon respect des cahiers des charges que nous éditons.

Et au niveau administratif ?

Le plus important est de tenir la base de données « qualité », partagée par tous les départements de l’entreprise, à jour. C’est capital. Dans un environnement qualité en constante évolution, il est crucial de tenir les équipes au meilleur niveau d’information possible. J’ajouterai également le travail effectué sur la prospection. Lors des études relatives à nos projets « nouveaux produits », le département qualité a pour charge l’évaluation de la compatibilité entre les développements envisagés et les impératifs légaux et normatifs préexistants.

Quelles compétences acquises durant votre cursus en école d’ingénieur vous servent le plus aujourd’hui ?

En premier point, je dirai que l’expérience acquise en école d’ingénieur sur tout ce qui concerne les systèmes d’information me sert quotidiennement depuis mon entrée en poste. Comme je l’ai dit précédemment, la tenue d’une base de donnée à jour, entre autres, est très importante pour la performance générale de l’entreprise. Globalement, l’usage des logiciels tels qu’Excel, Access, Camtasia, que je maîtrise depuis ma formation en école, est indispensable à mon activité professionnelle. Il faut également évoquer les compétences, en termes de capacité de synthèse, que le cursus en école d’ingénieur permet d’acquérir.

Et en termes de connaissances techniques sur le secteur de l’agroalimentaire ?

Au delà de l’apprentissage strictement technique, je dirai que la connaissance des filières et de leur acteurs s’est révélée un atout précieux. C’est incontournable.

 

Quelles compétences indispensables à l’exercice de votre métier vous manquaient quand vous avez été embauchée ?

Beaucoup ! J’ai appris beaucoup de choses sur le tas. Au niveau managérial bien sûr, nous ne sommes pas ou peu formés en école à gérer le côté humain dans une équipe. L’ENESAD reste une école assez généraliste, alors que ma branche d’activité est très spécialisée. A titre d’exemple, toutes les réglementations liées aux filières bio ont été mises en place il y a peu de temps…

Avec votre recul, quelles améliorations pourraient être apportées à l’enseignement supérieur et plus particulièrement aux écoles d’ingénieur ?

Je pense sincèrement que les stages en entreprise devraient être mieux encadrés et réfléchis. J’ai personnellement ressenti un manque de sens dans mes expériences en tant que stagiaire. Il faudrait, je pense, plus intégrer les stagiaires dans des projets concrets. Cela leur permettrait de prendre conscience pleinement des attentes qui seront celles de leurs recruteurs.

Quel conseil donneriez-vous aux étudiants souhaitant intégrer votre secteur d’activité?

Avant toute chose, il est important de garder à l’esprit l’aspect terrain. Un ingénieur qualité qui se coupe des opérations de son entreprise perd le contact avec les réalités de son métier.

 

Propos recueillis par Pierre Thouverez

 

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