On nomme biocénose l’ensemble des êtres vivants qui habitent un écosystème ou biotope. On peut aussi parler de communauté. À l’origine, le terme de biocénose a été utilisé en sciences à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle par le biologiste allemand Möbius (qui étudiait les huîtres à l’époque). Pour lui, la biocénose est « un groupement d'êtres vivants dont la composition, le nombre des espèces et celui des individus reflètent certaines conditions moyennes du milieu ; ces êtres sont liés par une dépendance réciproque ». La biocénose implique donc que les espèces considérées sont en mesure de se reproduire dans ce biotope, de sorte qu’elles peuvent y vivre. Cela suppose également qu’elles sont parfaitement adaptées à ce milieu. La spécificité de l’approche de Möbius est de considérer les phénomènes de masse, leurs interactions et leur équilibre global, ce qui n’était pas le cas jusqu’alors.
La biocénose se compose de trois groupes écologiques fondamentaux : les producteurs (végétaux qui constituent la phytocénose), les consommateurs (animaux qui appartiennent à la zoocénose), et les décomposeurs (bactéries, micro-organismes fongiques, etc.). Ces groupes sont importants, car c’est leurs interactions qui conditionnent le maintien du système. Il y a d’une part une organisation spatiale avec les végétaux, consommés par les herbivores, eux-mêmes chassés par leurs prédateurs, au même titre que les bactéries qui restent à proximité de leur hôte. La seconde organisation de la biocénose est d’ordre temporel avec les saisons pour les végétaux, les périodes de reproduction pour les animaux. À plus petite échelle, l’alternance jour-nuit joue aussi un rôle que ce soit pour les plantes qui stoppent leur photosynthèse ou pour les animaux qui sortent la nuit. Il faut aussi considérer que dans une biocénose, on retrouve une certaine continuité dans la fréquence des espèces. Même lorsque deux biocénoses différentes sont concomitantes (écotone), leurs continuités respectives s’interpénètrent de sorte que les espèces de chacune des deux biocénoses se distribuent dans l’une et dans l’autre. C’est ce qu’on appelle l’effet lisière. De façon générale, les biocénoses et leurs évolutions spatio-temporelles sont intéressantes puisqu’elles permettent d’évaluer différents facteurs, comme les pollutions ou les effets du changement climatique.