Longtemps, le handicap a été caractérisé par la déficience, d'origine congénitale ou acquise, d'un organe ou d'une fonction, et résultant en l'incapacité de réaliser certaines activités, induisant un désavantage social. Dès lors, le handicap est défini en référence à une notion de « normalité ».
Depuis les années 1990, une réflexion a mené à une évolution conceptuelle de la notion de handicap. Ainsi, en 1993, l'Organisation des Nations Unies (ONU) définit le handicap comme une restriction des possibilités de participer à la vie de la collectivité, à égalité avec les autres. Dès lors va émerger la notion de «
situation de handicap
» qui met en exergue l'importance de l'adéquation de l'environnement aux capacités des individus. Sur le plan international, ce cheminement a notamment abouti à la définition, en 2002, de la Classification Internationale des Fonctionnalités par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en remplacement de la Classification Internationale du Handicap (OMS, 1980). Cette nouvelle classification fait une large place à la description des
limitations d'activité
et aux
restrictions de participation
. En 2006, l'ONU, à travers la convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, marque une volonté d'innover dans la prise en charge du handicap, notamment au travers des
principes d'égalité des chances, de non-discrimination, d'inclusion et de liberté de choix
. Les répercussions au plan politique sont nombreuses, comme en France, où plusieurs lois ont été votées entre 2001 et 2005, reconnaissant notamment le
droit à la compensation
des conséquences du handicap, y compris par une
adaptation de l'environnement
.
Même s'il est difficile de l'évaluer, on estime que 10 % de la population mondiale vit avec un handicap, ce qui représenterait 650 millions de personnes. Par ailleurs, les projections montrent que d'ici 2050, la population des plus de 85 ans va quintupler, induisant une augmentation du nombre de personnes potentiellement en situation de handicap. Il est donc essentiel de développer les technologies favorisant la participation dans des activités où les altérations de la mobilité, de la perception ou de la cognition sont limitantes. C'est ici que la recherche appliquée sur le handicap prend tout son sens, requérant la mise en application de connaissances pluridisciplinaires : physiologie et physiopathologie, mécanique, automatique, robotique, informatique, etc.
Parmi les champs scientifiques pluridisciplinaires se trouve la biomécanique, qui utilise...