RÉSUMÉ
Un dispositif microfluidique assemble différents modules, chacun pensé pour accomplir une tâche dédiée, figeant de fait la structure tout entière et ses fonctions. En échangeant de l’impulsion et/ou de l’énergie avec les liquides, la lumière peut représenter un « actionneur » attrayant, car l'interaction avec le champ lumineux est sans contact et dynamiquement reconfigurable. S'inspirant du concept de « puce optique » issu de la manipulation de suspensions, cet article propose de nouvelles pistes pour étendre ce concept aux écoulements microfluidiques diphasiques en proposant d’utiliser divers mécanismes photoinduits pour concevoir une boîte à outils optofluidique multifonctionnelle.
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AUTEUR(S)
-
Jean-Pierre DELVILLE
: Directeur de Recherche au CNRS - Univ. Bordeaux, CNRS, LOMA, UMR 5798, F-33400, Talence, France
INTRODUCTION
L’optofluidique fait référence au domaine de la microfluidique,
au sein duquel optique et fluides sont couplés pour créer de nouvelles
fonctionnalités optiques dans des fluides mis en forme indépendamment
, ou inversement,
pour actionner des fluides avec de l’optique
. Dans le premier
cas, on vient soit former une goutte, soit produire une colonne liquide
pour focaliser ou guider une lumière passive, et dans l’autre, c’est
la lumière qui fabrique sa propre lentille liquide ou son propre guide
d’onde de façon active. L’optohydrodynamique correspond à ce dernier
cas, où la lumière met les fluides en mouvement, de façon transitoire
ou permanente. En effet, les ondes électromagnétiques possèdent une
énergie et une quantité de mouvement qui peuvent être échangées avec,
ou transférées à, la matière. Il en résulte une contrainte ou une
force chaque fois que la quantité de mouvement des photons subit une
modification d’amplitude et/ou de direction. Lorsque les photons sont
réfléchis et/ou transmis à l’interface séparant deux liquides d’indices
de réfraction différents, la conservation de l’impulsion se traduit
par l’émergence d’une pression de radiation optique, qui va mettre
l’interface en mouvement et la déformer ; la pression de radiation
est également un des mécanismes à l’origine du piégeage optique de
microparticules solides (pinces optiques, voir
[E 4 043]
). Un écoulement
en volume peut aussi être induit lorsque les photons sont diffusés
élastiquement dans le fluide, un mécanisme qui est à l’origine de
la lévitation optique. Enfin, les photons peuvent être absorbés par
l’un des liquides et réémis à une énergie moindre, déposant ainsi
une énergie souvent transformée en chaleur. Il en résulte des gradients
de température qui...
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MOTS-CLÉS
microfluidique
| capillarité
| Pression de radiation
Lecture en cours
Optofluidique active - Mise en mouvement des fluides par la lumière